| lots 166 à 261 166 Philippe SOUPAULT. LArme secrète. Paris, Bordas, s. d. [1946]. In-4° broché. ÉDITION ORIGINALE. Une lithographie signée en frontispice et six dessins par André MASSON. Tiré à 340 exemplaires, celui-ci (n° 172), un des 300 sur B. F. K. de Rives pur chiffon, signés par lauteur. 167 Philippe SOUPAULT. Message de lîle déserte. Poëme. La Haye, Stols, 1947. In-8°, toile beige de léditeur, jaquette violette. ÉDITION ORIGINALE. Un portrait en pied de lauteur par Alexandre ALEXEIEFF. Tiré à 629 exemplaires, celui-ci (n° 440), un des 625 sur hollande Van Gelder. 168 Philippe SOUPAULT. Chansons. S. l. [Rolle], Eynard, n. d. [1949]. In-12 broché. Un portrait par André MASSON. Tiré à 2 053 exemplaires, celui-ci (n° 14), un des 2 000 sur vélin fin blanc volumineux. Envoi sur le faux-titre « À Ken le nouvel abbé de labbaye [ ] » 169 Philippe SOUPAULT. Essai sur la poésie. S. l. [Lausanne], Eynard, n. d. [1950]. In-4° broché. Tiré à part de la préface donnée par Soupault au Chant du Prince Igor publié simultanément. Tiré à 300 exemplaires, celui-ci n° 25. JOINT : Sans Phrases [ ]. Paris, 1953. In-12 broché, couverture illustrée. Tiré à 626 ex. ENSEMBLE DEUX VOLUMES. 170 Philippe SOUPAULT. Essai sur la poésie. Autre exemplaire du même ouvrage. Exemplaire n° 31. 171 Philippe SOUPAULT. Poèmes et poésies (1917-1973). Paris, Grasset, s. d. [1973]. In-8°, veau noir, filet doré encadrant les plats, plats et doublure de toile violette, dos lisse, tête dorée, couverture conservée (J.-P. Miguet). Un des 34 exemplaires de tÊte sur vélin pur fil, celui-ci (n° IV), un des quatorze hors commerce. Envoi de lauteur « Au bibliophile et surtout à lami Ken [ ] » 172 Philippe SOUPAULT. Lautréamont. Paris, Seghers, coll. « Poètes daujourdhui », 1973. In-16 broché, couverture illustrée. Envoi de lauteur « à Lydie » à lencre violette sur le faux-titre : « Découverte de Lautréamont, pour le 28 juin 1917 [ ] » avec signature en forme de « dessin automatique ». Illustrations hors texte. Exemplaire comprenant quelques annotations manuscrites de Lydie Lachenal. 173 Philippe SOUPAULT. Rendez-vous ! S. l., Les Impénitens, n. d. [1973]. Petit in-4° en feuilles, sous couverture et chemise-étui de léditeur. Une eau-forte par Jacques HOUPELAIN en frontispice et douze autres par Ludmilla BALFOUR. Tiré à 130 exemplaires sur vélin de Rives. 174 Philippe SOUPAULT. Collection Fantôme. Paris, Galerie de Seine, 1973. In-8° broché, couverture noire et jaquette rouge ajourée. Catalogue illustré en couleurs dune exposition surréaliste avec texte de présentation par Ph. Soupault. Exemplaire de lauteur avec annotations manuscrites. 175 Philippe SOUPAULT. Le 6° Coup de minuit. S. l., Galerie Simone Boudet & Éditions Privat, n. d. [1973]. Volume à la forme (165 x 320 mm), sous couverture illustrée et étui métallique à décor (Erpeldinger). Un dessin en frontispice et cinq gouaches au pochoir signées par Léon GISCHIA ; partition musicale par Jean-Jacques ROBERT ; fac-similé. Tiré à 70 ex., celui-ci (n° 58), un des quinze hors-commerce signés. 176 Philippe SOUPAULT. Apprendre à vivre. 1897-1914 [ ]. Marseille, Rijois, 1977. In-8° br. ÉDITION en partie originale. Envoi à lencre violette sur le faux-titre « À Ken à Lydie à mes amis. » Quelques marques et annotations marginales. JOINT : SOUPAULT. Écrits de cinéma [1918-1931]. Texte réunis etr présentés par Odette et Alain Virmaux. Paris, Plon, 1979. In-4° broché. É. O. en volume. Envoi en page de garde « A mes chers éditeurs [Lydie Lachenal et Ken Ritter] et surtout des amis [ ] » ENSEMBLE DEUX VOLUMES. 177 162 Philippe SOUPAULT. Profils perdus. Paris, Mercure de France, 1963. In-12 broché. Cette réunion de témoignages connus contient un texte inédit : « Les Pas dans les pas ». 178 [SOUPAULT]. Sergio CECCOTTI. LInsolite Quotidien. Préface par Philippe Soupault. S. l. [Rome], Valori Plastici, n. d. [1980]. In-8° oblong broché, jaquette grise. reproductions en noir ou en couleurs par Sergio CECCOTTI. Tiré à 1 000 exemplaires, celui-ci (n° 55), un des 100 DE TÊTE contenant une eau-forte coloriÉe À la main, signée et numérotée. 179 [SOUPAULT]. Sergio CECCOTTI. LInsolite Quotidien. Autre exemplaire du même ouvrage, couverture brune. Tiré à 1 000 exemplaires, celui-ci n° 719. Envoi de Ph. Soupault à lencre violette sur la page de garde : « À Ken à lamateur de Ceccotti. » 180 Philippe SOUPAULT. Écrits sur la peinture. Paris, Lachenal & Ritter, s. d. [1980]. Petit in-4° broché, couverture illustrée et étui de léditeur. ÉDITION en grande partie ORIGINALE. Nombreuses illustrations, certaines hors texte en couleurs. Un des 90 exemplaires de tÊte signés par lauteur contenant une eau-forte numérotée et signée par André Masson, celui-ci (H. C. A), un des quinze hors-commerce. Exemplaire de léditeur. JOINT : SOUPAULT. « Ode à Marc Chagall », Paris, LEssai, 1959. In-folio, quatre pages. Numéro 1 (septembre 1959) de la première année du bimestriel LEssai. Revue littéraire et artistique comprenant en première page le poème de Philippe Soupault intitulé « Ode à Marc Chagall » et une illustration par CHAGALL. ENSEMBLE DEUX « ÉLÉMENTS ». 181 Philippe SOUPAULT. Écrits sur la peinture. Autre exemplaire du même ouvrage. Un des 90 exemplaires de tÊte signés par lauteur contenant une eau-forte numérotée et signée par André Masson, celui-ci (H. C. B), un des quinze hors-commerce. 182 Philippe SOUPAULT. Mémoires de loubli. Paris, Lachenal & Ritter, s. d. [1981]. In-8° broché. ÉDITION ORIGINALE. Volume I des Mémoires dont la couverture porte : Mémoires de loubli 1914-1923. Neuf dessins automatiques de SOUPAULT en culs-de-lampe ; fac-similés et photographies. Un des 100 exemplaires de tÊte sur centaure ivoire signés par lauteur à lencre violette, celui-ci (n° I), un des 25 numérotés en chiffres romains et enrichis dune suite supplÉmentaire des neuf « dessins automatiques » signés et numérotés par lauteur. Long envoi à lencre violette en page de garde « À la très chère Lydie qui a ressuscité un poulain déjà boiteux, à léditrice qui a réussi à donner à ce livre sa véritable dimension mais surtout à lamie fidèle et vigilante avec toute mon affection [ ] » Joint : le bandeau du prix Saint-Simon. 183 Philippe SOUPAULT. Mémoires de loubli. Autre exemplaire du même ouvrage. Un des 100 exemplaires de tÊte sur centaure ivoire signés par lauteur à lencre violette, celui-ci n° 3. Envoi à lencre violette en page de garde : « Pour le cher Ken lami parfait et attentif [ ] » 184 Philippe SOUPAULT. Mémoires de loubli. Autre exemplaire du même ouvrage. Un des 100 exemplaires de tÊte sur centaure ivoire signés par lauteur à lencre violette, celui-ci n° 10. 185 Philippe SOUPAULT. Mémoires de loubli. Paris, Lachenal & Ritter, s. d. [1986]. In-8° broché. ÉDITION ORIGINALE. Volume II des Mémoires dont la couverture porte : Mémoires de loubli 1923-1926. Portraits et nombreux fac-similés. Un des 100 EXEMPLAIRES de tÊte sur centaure ivoire, celui-ci (n° I), signé par lauteur à lencre violette, un des 25 numérotés en chiffres romains. JOINT : un manuscrit autographe à lencre violette : « Moi, je hais le succès. Jaime quon me siffle [ ] » 186 Philippe SOUPAULT. Mémoires de loubli. Autre exemplaire du même ouvrage. Un des 100 EXEMPLAIRES de tÊte sur centaure ivoire, celui-ci (n° 14), un des 75 numérotés en chiffres arabes. 187 Philippe SOUPAULT. Mémoires de loubli. Paris, Lachenal & Ritter, s. d. [1997]. In-8° broché. ÉDITION ORIGINALE. Volume III des Mémoires dont la couverture porte : Mémoires de loubli 1927-1933. Portraits et nombreux fac-similés. Un des 100 exemplaires de tÊte sur centaure ivoire, celui-ci (n° I), un des 25 numérotés en chiffres romains contenant un tirage de la photographie inédite utilisée pour le frontispice (n° I/XXV). 188 Philippe SOUPAULT. Mémoires de loubli. Autre exemplaire du même ouvrage. Un des 100 exemplaires de tÊte sur centaure ivoire, celui-ci (n° VII), un des 25 numérotés en chiffres romains contenant un tirage de la photographie inédite utilisée pour le frontispice (n° VII/XXV). 189 Philippe SOUPAULT. Poèmes retrouvés 1918-1981 suivis dUn Essai sur la poésie. Paris, Lachenal & Ritter, 1982. In-8° broché, couverture rouge. ÉDITION ORIGINALE. Illustrations daprès MASSON ; fac-similés. Tiré à 1 285 exemplaires, celui-ci (n° 1), un des 85 de tÊte imprimés sur kraft seigle pour les quatre-vingt cinq ans du poète. 190 Philippe SOUPAULT. Poèmes retrouvés. Autre exemplaire du même ouvrage. Celui-ci (n° 3), un des 85 de tÊte sur kraft seigle. 191 Philippe SOUPAULT. Poèmes retrouvés. Autre exemplaire du même ouvrage. Celui-ci (n° 1), un des 1 150 sur centaure ivoire. Joint : le carton dinvitation à la signature du livre. 192 Philippe SOUPAULT. Mort de Nick Carter. Paris, Lachenal & Ritter, s. d. [1983]. In-8° broché. Première édition séparée de ce texte publié dans la revue 900 et dans lAnthologie de la nouvelle prose française (1926). Un dessin par Sergio CECCOTTI. Un des 60 exemplaires de tÊte sur centaure ivoire, celui-ci (n° 1), un des vingt premiers contenant, non justifié, le dessin de CECCOTTI rehaussé au pastel, signé et numéroté par lartiste (I/XX). Exemplaire portant la signature de lauteur à lencre violette en page de garde. 193 Philippe SOUPAULT. Mort de Nick Carter. Autre exemplaire du même ouvrage. Un des 60 exemplaires de tÊte sur centaure ivoire, celui-ci (n° 2), un des vingt premiers contenant, non justifié, le dessin de CECCOTTI rehaussé au pastel, signé et numéroté par lartiste (II/XX). Exemplaire portant la signature de lauteur à lencre violette en page de garde. 194 Philippe SOUPAULT. Mort de Nick Carter. Autre exemplaire du même ouvrage. Un des 60 exemplaires de tÊte sur centaure ivoire, celui-ci n° 27. 195 Philippe SOUPAULT. Poésies pour mes amis les enfants. Paris, Lachenal & Ritter, 1983. In-8° broché, couverture bleue illustrée. ÉDITION en partie ORIGINALE et premier tirage. Fac-similés, reproductions photographies et lettrines en couleurs en Bestial Bold de Push Pin Studios. 196 [Philippe SOUPAULT]. Im lying. Selected Translations of Philippe Soupault. Providence (É.U.A.), Lost Roads, 1985. In-8° broché, couverture et jaquette violette illustrées. Envoi de lauteur à lencre violette sur le faux-titre « À mon cher ami Ken avec toute mon amitié, et en écrivant cette dédicace je ne mens pas [ ] » JOINT : Bitte schweigt. Gedichte und Lieder 1917-1986. Leipzig & Weimar, Kiepenheuer, 1989. Petit in-4°, toile noire et jaquette illustrée. Nombreux fac-similés et « dessins automatiques ». Envoi en page de garde : « Comment remercier mon amie Lydie de tout ce quelle fait pour moi. Avec mon amitié fidèlement Philippe. 1989. » Ensemble deux volumes. SOUPAULT voir aussi APOLLINAIRE, BRETON, FEUILLES LIBRES, LAUTRÉAMONT & RIMBAUD. 197 Tristan TZARA. Le Surréalisme et laprès-guerre. Paris, Nagel, s. d. [1947]. In-12 broché. ÉDITION ORIGINALE. « La poésie nest pas uniquement un produit écrit [ ]. Nerval, Baudelaire et Rimbaud font pressentir le sens tragique de cette manière de vivre poétiquement que Dada et le surréalisme ont essayé de mener jusquà ses conséquences. » (Ce passage, marqué par léditeur Lydie Lachenal, fut le point de départ de louvrage Un sieur Rimbaud se disant négociant, publié en 1984). Envoi de lauteur à Élisabeth Marais sur le faux-titre. TZARA voir aussi FEUILLES LIBRES & MINOTAURE. 198 Paul VALÉRY. Eupalinos ou lArchitecte. Paris, Javal & Bourdeaux, 1926. In-4° broché. Première édition illustrée. Illustrations en couleurs par BELTRAND et ornementation sur chaque page. Tiré à 500 exemplaires, celui-ci (n° 564), un des 300 sur vélin dArches. JOINT : VALÉRY. Une Conquête méthodique. Paris, N. R. F., 1925. In-12 broché. Un autoportrait. Ex. sur vélin de cuve. Ensemble deux volumes. Karaïskakis & Chapon, 25 c & 11 b. 199 Auguste VILLIERS de LISLE-ADAM. Histoires insolites. Paris, Librairie Moderne, 1888. In-12, percaline brune, couverture conservée (reliure postérieure). ÉDITION ORIGINALE. 200 Roger VITRAC. Les Mystères de lamour. Paris, N. R. F., 1924. In-12 broché. ÉDITION ORIGINALE. Un portrait sur bois par André MASSON. Les autographes et les manuscrits 201 Pierre ALBERT-BIROT. Manuscrit autographe signé de quatre poèmes avec L.A.S. denvoi, 4 août 1923, à Philippe Soupault ; 5 pages in-4° et demi-page in-8°. Albert-Birot envoie ces poèmes à la demande de Francis Gérard pour lAnthologie. Il sagit de Poème à la chair (poème en prose extrait du premier livre de Grabinoulor), Évasion, Les Corbeaux, Image (ces 3 poèmes extraits dun recueil à paraître en décembre 1923). Nous citons le début du Poème à la chair : « Le poète dira au compas la joie des courbes de lamour, qui sont des lumières que lon touche et les deux portes sont fermées et il y a de lombre sur les pieds et sur les têtes » 202 Louis ARAGON. L.A.S., à Philippe Soupault ; 1 page in-4°, en-tête de La Bibliothèque Française. Il se sent « assez juge et partie dans la littérature de la France résistante et constructive » ; et se trouve ainsi embarrassé pour répondre à son confrère au sujet de M. Louros, qui devrait dabord négocier avec les éditeurs et auteurs français avant dentreprendre toute publication en Grèce. Il lui donne cependant une liste de livres quil espère assez objective : « André Chamson Le Puits des Miracles. Vercors. La Marche à létoile. Elsa Triolet. Le Premier accroc coûte deux cents francs. J.-L. Bory. Mon village à lheure allemande. Pierre Courtade. Les Circonstances. Claude Aveline. Le temps mort. Aragon. Servitude et Grandeur des Français. Romain Gary. Civilisation occidentale » 203 Victor BRAUNER. L.A.S., 10 décembre, à Philippe Soupault ; 1 page petit in-4°, sur papier rose. Sur un projet dillustration des Champs magnétiques. Il a reçu une lettre de Breton et suggère à Soupault « de passer un matin à mon atelier (pour vous attirer, je vous rappelle que Henri Rousseau habité le même atelier) 2 Bis rue Perrel » ; il lui explique comment y arriver. « Inutile de vous dire ma joie dillustrée votre livre et aussi de faire votre connaissance » 204 André BRETON. L.A.S., Paris 26 février 1954, à Philippe Soupault ; 1 page in-4°, à en-tête de Medium. Il le remercie pour le journal japonais. « Ne vous souciez plus trop du chinois : un ami a réussi à se procurer deux quotidiens de Pékin dont je veux espérer quils ne sont pas trop anciens (ce nest évidemment pas moi qui peux le déterminer). » Il lui envoie la lettre quil lui a lue au téléphone et le prie de la lui retourner 205 Marc Chagall. Carte postale a.s., 17 juin 1954, à Philippe Soupault ; carte illustrée du tableau de Chagall Entre chien et loup, adresse. « Mon cher ami Merci, merci de tout cur pour votre poeme pour moi » 206 Thomas S. ELIOT. L.S., Londres 23 janvier1923, à Philippe Soupault ; 1 page in-4°, en-tête de la revue The Criterion (trous de classeur). Il lui envoie le Criterion et souhaiterait recevoir en échange les Écrits Nouveaux, bien que le Criterion ne soit que trimestriel. Il veut insérer dans chaque numéro une revue des revues étrangères : « Nous tenons à signaler peut-être deux ou trois des revues littéraires les plus intelligentes de chaque pays, parce que nos lecteurs se trouvent parmi le public le plus éveillé et cosmopolite » 207 André GIDE. L.A.S., Mardi matin, à Philippe Soupault ; 1 page in-8°. Il est heureux davoir son adresse : « Je ne savais où vous avertir : vous avez laissé chez moi une serviette emplie de je ne sais quels papiers. Fort heureux de vous avoir revu et désireux de vous revoir encore ». 208 Julien GRACQ. L.A.S., 19 novembre, à Philippe Soupault ; 1 page obl. in-12, enveloppe. Il le remercie de lenvoi dun texte « qui me ramène à une patrie de la liberté dimaginer dont la clé semble un peu perdue par le temps qui court. Je ne le connaissais pas, et je suis heureux quil me donne doublement de vos nouvelles. Je nai pas oublié nos rencontres occasionnelles du quai Voltaire » 209 Julien GRACQ. 2 L.A.S., St-Florent 1994-1995, à Ken Ritter et à Lydie Lachenal ; 1 page obl. in-12 chaque, enveloppes. 12 avril 1994 : il remercie Ken Ritter de lenvoi de louvrage de Philippe Soupault, un poète « que jai un peu connu (trop peu) à la fin de sa vie, et dont je me réjouis de voir lintérêt grandissant quil éveille maintenant, à si bon droit » 17 septembre 1995, il ne peut accéder à la demande de Mme Lachenal : « Jai quatre vingt cinq ans et je vis loin de Paris, au surplus je nai jamais accepté ni patronage, ni présidence dhonneur daucune sorte ». Il fait partie de lassociation des amis de Philippe Soupault, mais il vaudrait mieux « choisir à ma place un écrivain plus jeune, fidèle aux uvres du poète » 210 Walter GROPIUS. Lettre dactyl. signée en son nom avec ajouts mss, Weimar 10 janvier 1923, à Philippe Soupault ; 1 page in-fol. en français. Sur le Bauhaus : « Lidée mère qui nous guide depuis la fondation du Bauhaus est de nettoyer le domaine des arts plastiques par la culture du métier et des arts manuels, en luttant contre les dilettantes et les chevaliers dindustrie. Dans nos ateliers tout artiste jeune et doué trouvera loccasion de développer et de faire valoir ses goûts artistiques » Pour financer ce projet, le Bauhaus envisage de faire appel à soixante artistes européens qui cèderaient une uvre graphique originale, gravure ou lithographie, qui serait tirée avec soin par leur atelier dirigé par Lionel Feininger. Ces gravures seraient réunies en plusieurs cartons et reliées « dans notre propre atelier de reliure (chef : Paul Klee) » 211 James JOYCE. L.A.S. « J.J. », [Évian] 5-7-1933, à Philippe Soupault ; 1 page obl. in-8° au dos dune carte postale ill. du Grand Hôtel dÉvian. Au sujet de la traduction dAnna Livia Plurabelle : « Est-ce que le 5ème couplet va bien grammaticalement ? » Il trouve lhôtel agréable : « Merci du tuyau ». Il parle de larticle que son ami Frank Bugden doit envoyer à Soupault. Il partira lundi : « Je fais la cure hélas 1000 fois » 212 Michel LEIRIS. 2 L.A.S., 17 novembre1983 et 27 mars1986, à Philippe Soupault ; 2 pages obl. in-12 et 1 pages in-8° (au dos dune carte postale illustrée dune photo de Man Ray : Nancy Cunard), enveloppes. Il le remercie de lenvoi de ses Poésies pour mes amis les enfants, et dun double envoi [Mémoires de lOubli et Histoire dun manuscrit] « qui fait sonner à mon oreille maints souvenirs, cors de chasse, les vôtres mêlés aux miens » On joint une carte de visite autogr. à Lydie Lachenal, la remerciant pour lenvoi dun livre de Nerval (plus une l.a.s. de Pierre Petitfils). 213 LITTÉRATURE. 13 lettres ou cartes adressées à Lydie Lachenal ou Ken Ritter, 1982-1997. Il est souvent question de Philippe Soupault. Zéno Bianu (poème autogr.), G.-E. Clancier (2), Nino Frank, Bernard Noël, Maurice Rapin, Jules Roy, Jean Schuster, Bertrand Tavernier (2 photocopies jointes), Julia Wright, etc. 214 René MAGRITTE. Signature et légende autographes sous la photographie dun tableau ; 11,5 x 16,5 cm. « René Magritte Le Réveil Matin (1957) ». On joint une carte postale a.s. de Georgette Magritte (carte postale a.s., 1980), et la carte n° 10 de la série La Carte daprès nature (avril 1956). 215 André MASSON. 2 L.S. et L.A.S., La Sablonnière à Vouneuil s/Biard (Vienne) 13 et 24 mars 1947, et Samedi, à Philippe Soupault ; 6 pages et demie in-8°. Sur LArme secrète et un projet de livre sur le travail de quatre artistes en exil aux États-Unis : Chagall, Léger, Lipchitz et Masson, dont Curt Valentin a eu lidée en 1945. 13 mars : « Curt Valentin avait demandé à Georges Duthuit le texte de la partie qui me regarde », mais celui-ci a renoncé : « Je ne vois que toi pour me tirer daffaire. Tu es le seul qui ait vu mon travail aux États-Unis suffisamment et avec assez de compréhension et dencouragements à mon égard » Il sagit de présenter vingt reproductions qui sont chez Gallimard « Jai signé tout récemment les 300 lithographies qui doivent accompagner lArme secrète, et Bordas ma dit que louvrage était sur le point de paraître. Jen suis tout content. Je travaille avec furie » 24 mars : il a reçu sa lettre et en même temps LArme secrète, « bien réalisée ma foi. Tes poèmes menchantent : [ ] ils sont un véritable antidote contre le terrible esprit de lourdeur qui submerge tout à cette heure. Quand comprendra-t-on enfin, que la profondeur nexclut pas la grâce ». Il revient sur le projet du livre sur son uvre en Amérique : « Bien que je sois classé comme peintre de limaginaire, jai toujours proclamé que le lieu dans lequel on vivait avait une influence. Par exemple, la lumière. Celle des États-Unis, je lai trouvée à la fois exaltante et brisante, presque hostile quelquefois à force dintensité. Jai donc réagi, et agi, aussi, avec elle ». Il a peint des paysages américains : « pour donner léquivalent de la lumière, et de la virulence des choses qui minspiraient, je me suis basé sur le noir pur, enchâssant des couleurs brillantes : des jaunes, des bleus, des rouges, rejoignant dailleurs ainsi, les couleurs indiennes. » La faune la aussi inspiré et il a eu la révélation du rodéo, qui lui faisait penser à des peintures de Géricault. Il a aussi aimé les films comiques (Laurel et Hardy) ; en revanche, il na pas subi linfluence des villes américaines, où il na pas vécu , ni des peintres américains, même si certains « méritent le respect, jen conviens : John Marin, Milton Avery, et dans le passé Whistler, Mary Cassatt et Catlin » Samedi. Queneau a dû lui remettre des photos « qui doivent trouver place dans le texte : un dessin de Bison (dessin original) et une petite photo dun érable », et il ajoute « un dessin de Centauresse qui fera bien, je crois, dans le corps du texte : il pourrait sintroduire dans tes pages [ ] comme un peu de nostalgie méditerranéenne » A propos de lexposition William Blake annoncée, il se souvient dun livre de Soupault, qui a « disparu dans le sac de la maison que jhabitais à Lyons la Forêt » 216 Pierre NAVILLE. L.A.S., Champéry (Suisse) [1923], à Philippe Soupault ; 1 page in-4° à son en-tête. Il lui envoie deux notes dont il sétait chargé pour lAnthologie : Cocteau et Laforgue. « Vous jugerez si le prince frivole ma inspiré un topo assez impartial ». À propos du Bon Apôtre de Soupault, dont il vient de terminer la lecture : « Je ne vous cache pas que le titre me paraît curieusement symbolique. Bon Apôtre ? Votre livre demeure alors une énigme pour ceux qui ne voient pas la vie à travers les journaux de modes ou les cotes de la Bourse. Mais enfin je vous félicite : il y a une façon de voir la vie ; vous cherchez un site, un fauteuil. Ah ! cest fatigant dêtre toujours à Dada, et lon na pas toujours 10 ans ! Tant pis, si cela nous vaut des explications, comme la vôtre, sur la triste mousse daprès-guerre » 217 Ezra POUND. L.S. avec date autographe, 5 octobre, à Philippe Soupault ; demi-page in-4° (trous de classeur). Il na pas reçu les exemplaires des Écrits Nouveaux et ne comprend pas « pourquoi on moffre linsulte de me payer moins quà Rodker ou à Pansaers » 218 Raymond QUENEAU. L.S., Paris 28 mai 1946, à Philippe Soupault ; 1 page in-4° à en-tête Librairie Gallimard. Sur la traduction de Finnegans Wake, que « Gallimard est tout-à-fait décidé à entreprendre [ ] Vous pouvez donc commencer à sonder vos collaborateurs possibles ». Il suggère le nom de Stuart Guilbert, et demande le calibrage du livre de Joyce. En tête de la lettre, Soupault a noté quil a écrit à Stuart Guilbert. 219 Philippe soupault. Carte postale autographe signée « Philippe », [Argentières 23 décembre 1933], à sa mère à Paris ; au dos dune carte illustrée (Tremplin olympique de Chamonix), adresse. « Chère maman, un petit mot seulement pour tembrasser. Je suis si bousculé que jai à peine le temps de penser » On joint une L.A.S. de son cousin Christian Demanche à Lydie Lachenal, 18 novembre 1990, mise au point sur la maison natale de Philippe Soupault à Chaville (avec reproductions). 220 Philippe SOUPAULT. L.A. (minute, avec ratures et corrections), [1948], à un dessinateur ; 2 pages in-4°, au dos dun papier à en-tête du Journal of Applied Physics. Au sujet dun projet dillustration du livre de Valéry Larbaud Ce vice impuni la lecture. Pour fêter les soixante dix ans de Larbaud, malade et privé de la parole depuis son attaque et dont « la seule joie est de pouvoir regarder ses livres et surtout les nouvelles éditions de ses anciens ouvrages », il voudrait « faire publier une très belle édition de lun de ces essais, son essai préféré, intitulé de ce nom charmant : Ce vice impuni la lecture ». Il demande à son correspondant sa collaboration : « Je ne puis penser quà vous pour donner à cette édition sa véritable qualité. Je sais quon vous sollicite de toutes parts et je mexcuse de venir à mon tour vous importuner. Si je me suis permis de le faire et dinsister cest que je souhaite très vivement apporter cette grande joie à mon ami Valéry Larbaud et ainsi vous répéter toute mon ancienne et récente admiration pour votre uvre. » Il a trouvé un éditeur en qui il a toute confiance « parce quil aime passionnément son métier, et quil nhésite pas à consacrer tout son temps à la mise au point dun ouvrage qui le mérite » 221 Philippe soupault. 78 lettres, pièces ou cartes, la plupart L.A.S., 1969-1989, à Lydie Lachenal et Ken Ritter ; environ 82 pages formats divers, la plupart avec adresse ou enveloppe. Très cordiale et affectueuse correspondance avec ses fidèles éditeurs et amis. Nous ne pouvons en citer que quelques lettres. Le premier document est la « carte blanche » du 12 mars 1969 qui devait permettre, dix ans plus tard, la création de la maison dédition Ritter & Lachenal : « Je, soussigné Philippe Soupault, déclare par la présente que je me fous incommensurablement de mes uvres littéraires et de leur réédition. Aussi, en bonne logique et en droit, je donne à mon amie Lydie Maria Lachenal carte blanche pour traiter avec tout éditeur qui lui conviendra la publication de toutes les uvres que jai écrites ou que jaurai pu écrire avant sa mort. Je mengage à ratifier les conditions quelle me fera connaître ; jaccorderai sans délai lautorisation de publier » 24 juillet [1972], il hésite à reprendre ses souvenirs : « Jaurais bien besoin de vos critiques si lucides » 27 juillet 1979, envoi dune liste de sujets possibles pour Écrits sur la peinture. « Les marchands de tableaux sont comme les généraux toujours en retard dune guerre » 7 mars [1980], sur lédition des Mémoires doubli 16 juin 1980, il poursuit sa lecture de Rimbaud dans la Pléiade : « Je suis à la fois terrifié par lérudition de M. Adam et inquiet de la difficulté de trouver une solution pour Aden » 10 juin 1982, il craint dêtre un auteur maudit, et énumère les faillites de ses éditeurs : « Alors ? Soyez de + en + prudent » 27 avril 1983, à propos dune traduction allemande du Grand Homme 28 décembre 1982, envoi dun poème quil vient décrire et quil adresse à Fauchereau 14 janvier 1983, proposition de titre : Poésies pour les amis enfants « ou denfants dhier et daujourdhui » 18 septembre 1983 : « Je ne puis quadmirer votre dynamisme, votre optimisme, votre courage ! Et pourtant je minquiète » 20 janvier 1985 : « Je vous confirme que je ne souhaite pas que soit republié le volume : Poésies pour mes amis les enfants » &c. Affectueux souvenirs du « poulain » en vacances en France, Suisse, Allemagne, Italie Corrections dépreuves, expositions, souscriptions aux livres, articles à son sujet Envoi dune lettre de reproches à lauteur dun article, concernant les propos quon lui attribue sur Breton Plus des coupures de presse annotées (notamment sur Dali), qqs lettres ou pièces adressées à Soupault et quil transmet à ses amis (courriers dOscar Ghez, Michel Leiris, Jack Lang, etc.), des télégrammes, deux chèques de Soupault non encaissés pour la souscription dun de ses ouvrages &c. 222 [Philippe SOUPAULT]. 3 L.A.S. et 2 L.S. à lui adressées, 1922-1983. Georges Balandier (l.a.s., 1953, sur la protestation contre la « condamnation infligée à André Breton »), Jacques Baron (carte postale a.s., 1977), Marcel Brion (l.a.s., 1922, réclamant le numéro de juillet des Écrits Nouveaux), Jean dOrmesson (l.s., 1983, regrettant de navoir pu passer le voir quai Voltaire), John Rodker (the Casanova Society, l.s., 1922, au sujet de Maldoror, et article dactyl. joint). On joint une carte postale a.s. de Nina Kandinsky à Ré Soupault (1.VIII.1980, un mois avant son assassinat, coupure de presse jointe). 223 Ré soupault. 12 L.A.S. ou cartes postales, 1980-1992, à Lydie Lachenal ; 13 pages formats divers, qqs enveloppes et adresses. 6 août 1980 : « Mme Kandinsky a déjà répondu favorablement à la demande de reproduction » Dimanche [janvier 1981], condoléances. 20 juillet 1982 : « Philippe a attrapé à Heidelberg une laryngite (?) et il ne peut pas sen débarrasser. [ ] Tous les médicaments (gouttes et pilules) ont été essayés en vain » [cétait en fait un cancer de la gorge]. 15 novembre 1983, appréciation pour lédition des Poésies pour mes amis les enfants 1er décembre 1984, après une émission 26 août 1987 : « Philippe me charge de vous envoyer les textes ci-joints concernant le manuscrit des Champs magnétiques. Cette rectification est très importante » 12 mars 1992, remerciements pour le livre Le Roi de la vie : « Ce nest pas seulement le 2e anniversaire de la mort de mon cher Philippe, mais également le 50e anniversaire de son arrestation à Tunis » On joint un billet autographe de Ré à Soupault, signé dun cur, avec note autographe de Philippe Soupault : « Je pense à toi ! » ; et deux pièces jointes. 224* Emmanuel BERL. 4 L.A.S., [vers 1927-1953], à Suzanne Muzard ; 20 pages in-4°. Belle correspondance. « Je pense que personne nest aussi fondamentalement bonne, pure, & désintéressée que toi. Tes admirables qualités te viennent de toi. Tes défauts tont été donnés par la vie : misère de lenfance, déceptions de ladolescence, difficultés & luttes de la maturité. [ ] ton goût de lAbsolu est ce qui, en toi mattire le plus. Il était chez maman. [ ] Je souhaite un enfant de toi, non pour te retenir mais pour taccomplir. Et moi-même » « Sil est un de mes actes que je ne regrette pas, cest mon mariage avec Suzanne Muzard. Sans lui tout maurait été plus pénible & le serait plus, dans mon souvenir. Jai été seulement malheureux & humilié que le mariage nait pu dissiper ton amertume & te donner la paix. Aussi, je sais beaucoup de gré à celui qui te la procurée [ ]. Il me semble que cette paix, conquise avec tant de peine, est assez solide pour résister même à la perte de lêtre auquel tu la devais » « Jéprouve moi aussi un besoin très vif de técrire. Je crois que je le ferais même si tu ne devais pas lire ma lettre. Mais je voudrais que tu mesures le bien que ma fait la tienne » Il analyse les sentiments que Suzanne lui avait portés : haine « postiche » ? haine véritable ? Rancune de son côté à lui Elle sest trompée en prenant son désespoir pour un reniement Il se réjouit dapprendre son mariage. Elle nest pas très juste à légard de Colette : « Je ladmirais beaucoup, à preuve la peine que jai prise pour lui faire développer Duo et la Chatte. Elle a été pour moi une bonne amie. [ ] Cocteau mavait déconcerté pendant & après la guerre, par sa conversion à Montparnasse puis à Maritain. Il est exact quAragon le vitupérait » Il évoque à nouveau Colette et Renée Hamon, puis le passé commun, et son propre roman Sylvia 225* Jacques cordonnier. 5 L.A.S. « Jacques » et 1 L.A. à Suzanne Muzard, Neuilly [vers 1935 ?] ; 26 pages et demie in-8°. Vendredi. Elle a beaucoup à faire pour guérir son moral et arriver à la période de convalescence Mardi 19 h. « Si nous le voulons, si nous savons le vouloir bien, des jours heureux nous attendent où je pourrai menivrer de toi à mon aise, loin du cancan de la civilisation tout au moins par lesprit » Mardi soir. Il sennuie delle à mourir : « jai limpression dêtre complètement abandonné » Mercredi. « Je suis triste de te sentir si peu sûre de toi, de moi de lexistence. Et ma situation mempêche de te dire alors ce quil faudrait pour te remonter » Il faut réfléchir : « je ne puis pas tout ce quil faudrait pour que la nouvelle existence que tu envisages sapproche de la perfection » Lundi 11 h. Il a reçu au retour de Mégève sa lettre écrite avant et après le réveillon, et la photo lui a fait plaisir. Il pense à ce que pourrait être leur vie « sil était possible de lorganiser comme je le voudrais ! » Lundi 18 h. Il sinquiète pour ses chevilles foulées et rumine des projets pour eux « Cet amour commencé au ralenti me paraît bien solide. Il supportera que nous nous appuyons lun et lautre sur lui » 226* Louis ARAGON. L.A.S., Paris 23 novembre [1971], à Suzanne Cordonnier-Muzard ; et 2 L.A.S. (minutes) de Suzanne Muzard à Aragon, novembre 1971 ; 2 pages in-4° chaque. Importante mise au point à propos de la liaison de Suzanne Muzard et André Breton, à la suite dun article de France-Soir citant Aragon. [20 novembre]. Suzanne Muzard proteste : « Je ne pense pas que mon ex-mari admettra comme exact que je lui soutirais fourrures et bijoux, pour selon vos propres termes, mempresser de les vendre afin de renflouer le père du Surréalisme à une époque où vous étiez le meilleur ami dAB. [ ] Je cherche aujourdhui à comprendre les raisons de vos insinuations malveillantes, et pourquoi il vous plaît que dans une période sentimentale de sa vie AB soit classé comme ayant vécu aux crochets dune femme » 23 novembre. Aragon se défend davoir donné aucune interview à France-Soir : « Il ny a eu aucune insinuation malveillante de ma part. On fait dire dans la presse de nos jours nimporte quoi à nimporte qui. [ ] Je vous ferai encore remarquer, non seulement que le vocabulaire employé nest pas le mien, je nai jamais employé le mot dèche pour signifier les difficultés matérielles de la vie, mais que dautre part, quelles quaient pu être alors les difficultés dAndré dans ce domaine (difficultés dont je nai jamais eu connaissance ou conscience), elles nétaient en rien comparables à ce qui se passait dans ma vie. Je ne vois aucune raison dans tout cela, et il faut tout de même que je vous dise que, malgré la rupture entre nous plus tard (et cela a été le grand drame de ma vie) je nai jamais cessé daimer et dadmirer André, je nai jamais écrit quoi que ce soit contre lui, même quand il sassociait à des textes dirigés contre moi » Cependant à loccasion de plusieurs biographies récentes, il a exprimé son indignation « quon vous ait supprimée purement et simplement de sa vie, quaucune mention ne se trouve où que ce soit de la seule femme quil ait à ma connaissance véritablement aimée » Il sest exprimé aussi sur ce que Breton pensait et disait delle « dans cette sombre période de sa vie après votre dernier départ, où Éluard et moi craignions quil ne se tue, à cause de votre absence jai dit à qui a voulu lentendre que cétait une honte de barrer de son existence la femme pour qui, elle partie, il a écrit le plus beau poème de sa vie, LUnion libre » Et de raconter la conversation quÉluard et lui eurent avec Breton, dans les premiers jours de 1932, après la publication du poème sans nom dauteur 24 novembre. Réponse de Suzanne Muzard : « vous restez lunique témoin dune passion jadis orageuse qui dès le début était condamnée par son gâchis à ne pas survivre. Je ne renie pas davoir aimé André. Et, je crois puisque vous me laffirmez, avoir compté dans sa vie beaucoup trop. Jai toujours ignoré quil avait pensé à se tuer. [ ] que lentourage de A. mait jugée néfaste ne me semble pas excessif. Pourtant javais des circonstances atténuantes ! Je nétais quun pion entre deux hommes dont jétais lenjeu Je nai jamais pensé faire état, des preuves quAndré a signifié en imprimé ou en privé dans la fin de Nadja » Quant à LUnion libre, le poème fut écrit en sa présence et seulement diffusé plus tard : « AB avait sans doute renoncé à men honorer ! Mais ce que vous ne savez pas est : que le titre LUnion l.. était un défi contre le mariage et EB » Elle est touchée quAragon veuille la faire sortir de lombre, à 71 ans ! « Jai pu constater que lamour nest pas toujours exclusif mais plutôt renouvelable. AB et moi avons refait surface ailleurs séparément. Jai pendant 25 ans vécu dun sentiment dont jai pu mesurer la réelle importance » 227* André THIRION. L.A.S., Paris 24 avril 1972, à Suzanne Cordonnier-Muzard ; plus minutes autographes dune réponse à Thirion et dune lettre à Lise Deharme, plus copie dactylographiée et corrigée, par Suzanne Cordonnier ; 2 pages et demie in-4°, avec au dos brouillon de réponse, 2 et 2 pages in-4° (qqs légers défauts). Curieux témoignage sur la liaison de Suzanne avec André Breton. Thirion évoque « les deux Suzanne ». Il possède encore les lettres quil a écrites à Katia peu après avoir appris ce que chaque Suzanne voulait lui dire delle-même ou de lautre, trop heureux alors de recevoir des confidences de créatures aussi éblouissantes. « Vous navez pas connu Maurice Thorez [ ] Sil en est ainsi, quel exemple extraordinaire du pouvoir accordé aux femmes de changer le destin des hommes avec lombre de rien ! Le propos que je vous impute ma été rapporté par Breton, à peu près dans les termes que jemploie. Il était si grave, il modifiait à tel point les données du problème que nous tentions alors de résoudre que nous en avons longuement discuté. Nous avons même admis Breton excepté que vous aviez pu mentir. [ ] Jai voulu avertir Maurice Thorez de ce que je considérais comme un propos calomnieux. On me fit grief de la calomnie et je fus exclus du Parti Communiste ! » Il a gardé le souvenir dun froid passager entre Breton et Lise Deharme parce que celle-ci avait accueilli Suzanne à Saint-Brice : « Breton y voyait un mauvais procédé à son égard. [ ] En 1931, Lise était sans doute un peu jalouse de vous, ce qui était un bon motif pour vous recevoir dans les circonstances où vous vous trouviez. [ ] Ceux qui vous ont connue ne peuvent que vous évoquer sous la forme dun fort joli diable auquel jai trouvé, moi aussi, du génie » Brouillon de la réponse de Suzanne, remaniée et mise au net dans la copie séparée. « Question Thorez. Il est probable que AB se soit servi de moi pour vous être désagréable » Elle nest pas offusquée par ses souvenirs, mais a été outrée par larticle de France Soir, où AB était le sujet dune basse calomnie. « Je me recherche dans le passé par vous et Aragon aussi truquée aussi falsifiée quune héroïne de Pierre Benoît » Elle avait une conception particulière de lamour : « Je le voulais absolu, viable et durable » Suit la copie de sa lettre à Lise Deharme : « Que nous ayons été jadis, à titre différent, deux fulgurantes égéries, cela ne fait aucun doute ; [ ] que vous étiez surtout lamie de AB mais pas la mienne cest exact » Mise au point sur André Breton. « En 1937 jai détruit lettres et dédicaces. Je nai pas voulu garder les traces dun amour défunt [ ] Le personnage était un homme exceptionnel qui suscitait une admiration sans réserve. En amitié il était dune exigence intransigeante et, qui nétait pas avec lui, était exclu. Il aimait provoquer le scandale, et le surréalisme en son époque tumultueuse, ne sen est pas privé » Suivent des observations sur ses goûts, ses enthousiasmes, sa volonté de « rester fidèle, en lui-même, à sa propre création », ses amis et ses femmes. « En ce qui me concerne, jai toujours considéré A.B. comme étant un fervent de labsolu » On joint une L.A.S. (brouillon) de S. Cordonnier à Noël Nel à propos de Breton et de LUnion libre, [janvier 1973], et 3 L.A.S. de N. Nel à S. Cordonnier, janvier-février 1973 (7 p. in-4°). 228* Marcel JEAN. Tapuscrit (photocopié) par Jacques Prévert, Eaux fortes, sous enveloppe autographe signée de Marcel Jean à ladresse de Suzanne Cordonnier, [Paris 17 juin 1972] ; 9 pages in-4°. Portrait de Marcel Jean par Prévert. « Dans la salle des Pas Perdus, ceux dAndré Breton sont restés et le temps, ce quon appelle et interpelle le temps, na rien à voir ni à entendre là-dehors ou là-dedans. Marcel Jean est surréaliste, peu importe ou exporte depuis quand » On joint 2 catalogues dexposition : Marcel Jean (Obelisk Gallery, Londres 1972) avec annotations autographes de Marcel Jean ; Marcel Jean, Peintures sculptures 1972 avec dédicace a.s. de Marcel Jean à Suzanne Cordonnier. Plus un prospectus pour André Breton à Venise, avec billet a.s. dAlain-Pierre Pillet. 229* Suzanne MUZARD. Tapuscrit avec corrections autographes, [1974] ; 3 p. et quart in-4°. Témoignage sur sa liaison avec André Breton. « Ma marche à reculons, pour remémorer mon passage dans le surréalisme des années 27/32, risque de ne pas être concluante. Il mest difficile de prétendre dy avoir connu A.B. tel quil était [ ] Je me réfère seulement au fait davoir été incorporée au groupe surréaliste, à la faveur dune passion sentimentale qui devait bouleverser ma vie pendant cinq ans et qui nest pas parvenu à munir à A.B. dans la durée des temps pour le pire et le meilleur » Elle a été une déception, parce quinadaptable à ce que A.B. voulait quelle soit. « Aussi, je ne revendique pas ce qui me concerne dans la fin de Nadja. Ce texte a été dicté dans lélan dune passion irréfléchie, aussi poétique que délirante, plutôt à lhonneur de A.B. quau mien. Dautre part, quAragon prétende que jai été la seule femme qui ait réellement compté dans la vie de A.B. [ ] me semble par trop excessif » Du reste, les habitudes de A.B. dans le privé rompaient le charme des hommages quil lui rendait en public : « Notre liaison na vécu que dans les soubresauts des révoltes et des réconciliations, et nessayait de survivre que pour sauver ce que nous en avions espéré. Cela a duré le temps nécessaire de consumer lamour à petit feu » A.B. attachait autant dimportance à une fleur des champs quà une orchidée de serre, « exactement comme pour les femmes, entre Nadja, cette curieuse naufragée qui vivait dimprévus dans un hôtel sordide, et Lise Deharme qui situait son élégante vie dans un décor fastueux deux femmes opposées quA.B. cadrait dans une figuration plus surréaliste que concrètement vivable. Cest après elles que je suis intervenue dans la vie de A.B. Étonnée par lui et (parce quil le voulait ainsi) étonnante pour lui » Elle évoque les efforts dA.B. pour imposer le surréalisme, son travail de « dissection poétique », la « paresse fondamentale » qui lenvoyait à la Maison de verre « Baptisé le pape du surréalisme, il en acceptait le titre avec une présomption amusée, mais en y ajoutant une ostensible et autocrate intransigeance qui laidait surtout à dissimuler une certaine bonté, refoulée comme une tare affligeante [ ]. La pose de son autorité enlevait à ses meilleurs amis le droit davoir une opinion divergente de la sienne. Et il y eut beaucoup de brouilles et dexpulsions dans le surréalisme » On joint le tapuscrit du « texte dans Nadja » avec note autogr. ; et une L.S. de Marcel Jean, 3 juillet 1974, la félicitant sur le texte et suggérant quelques modifications grammaticales et syntaxiques. 230* Suzanne MUZARD. L.A.S. (initiales), 8 novembre 1984 ; 2 pages in-4°. à un « Monsieur pour moi sans visage ! » : « Vous me faites reculer au temps de la parution du Con dIrène dAragon et de lEnquête sur lamour dans la Révolution surréaliste. à cette époque jétais passionnément éprise de AB poétiquement aussi, de façon pas trop éthérée, mais passablement intéressée par une érotomanie littéraire » On joint une L.A.S. de Clara Malraux à Suzanne Muzard, 10 novembre [1976 ?], lettre très hostile et agressive à propos dEmmanuel Berl (1 p.et demie in-4°) ; plus un billet autographe de Suzanne Muzard à la rédaction de LExpress. 231 Philippe Soupault. Eux. Poème autographe, [1923] ; 1 page in-4° au dos dune feuille à en-tête des Éditions des Cahiers libres (marque au crayon). Poème de 25 vers, qui semble être inédit. « Ils tournent dans un cercle où tournent les hannetons / Je les vois murmurer et pâlir sous leffort / Ils crient / et jécoute le vent / Au-dessus deux comme dun sommet » 232 Philippe Soupault. Manuscrit autographe, [vers 1925] ; 6 pages in-4° avec ratures et corrections, dont 2 au dos de feuilles à en-tête du Café Suisse, Dieppe. Intéressant texte inédit sur la modernité. « Pour expliquer un certain état desprit il était dusage en 1820 et dans les années qui suivirent de parler dun certain mal du siècle. Mais les mots trahissent. Le mal du siècle était indéfinissable. On ne faisai Tiré à 556 exemplaires, celui-ci (n° 145), un des 540 sur vélin simili-cuve. JOINT : Le Destin change de chevaux. Mortemart, Rougerie, 1980. In-8° broché. Ensemble deux volumes. 233 Philippe Soupault. Isidore Ducasse, comte de Lautréamont. Manuscrit autographe, [1926] ; 36 pages in-4° ou in-8°. Célèbre hommage à Lautréamont, paru dans la Revue Européenne, n° 39, du 1er mai 1926, et repris dans Littérature et le reste 1919-1931 (Gallimard, « Les Cahiers de la nrf », 2006). Écrit sur le recto des feuillets, le manuscrit présente des corrections, des additions sur béquets et 3 coupures dune épreuve de « Mon cher ami Ducasse », article paru lannée précédente dans Le Disque vert. « Je parle dabord pour ceux qui peuvent laimer. Il y a des soirs doubli, des soirs de lassitude, des soirs de médiocrité où tout paraît mesquin, petit, inutile où les objets sont ridicules, les meubles ennuyeux, les livres illisibles, où le paysage quencadre les rideaux est décidement insupportable, où lair est irrespirable. Mais il y a aussi des soirs de génie, des soirs où tout est illuminé. [ ] Tout à coup la tête lourde on se sent couler. Il faut réagir pour conserver la minute de génie, le diamant froid qui étincelle mais dont les feux vont mourir. On cherche dans sa mémoire une branche pour saccrocher, un nom quil faut prononcer parce que lon est trop faible et quil faut une aide extérieure. Le nom que je prononce cest Lautréamont, celui que jappelle de toutes mes forces lorsque je sens que le grand vaisseau pavoisé, le navire dillusions et de prières va sombrer cest Isidore Ducasse. Son ombre sétend comme deux bras qui souvrent, comme la lumière dun phare. Elle grandit et tout ce que lon connaissait disparaît lentement dans un nuage doubli dans une vague dingratitude. Les visages aimés, les années de tendresses ne pèsent plus dans les mains invisibles mais présentes de lombre du poète. Avec le courage des vainqueurs on accepte cette présence, ce triomphe dun mot, de syllabes qui claquent comme un drapeau, Ducasse » [ ] « La lutte sera chaude. Ce nest pas à moi, ni à personne (Entendez-vous, messieurs ? qui sont mes témoins ? de juger M. le Comte. On ne juge pas M. de Lautréamont. On le reconnaît au passage et on salue jusquà terre. Je donne ma vie à celui ou à celle qui me le fera oublier à jamais. » Exposition Soupault BnF (1997) ; reprod. dans Portrait(s) de Philippe Soupault (couverture). 234 Philippe Soupault. Valery Larbaud. Manuscrit autographe, [1926 ?] ; 1 page et demie in-4° avec qqs ratures et corrections. Beau texte sur Valery Larbaud, pour lAnthologie de la nouvelle prose française, établie et publiée en collaboration avec Léon Pierre-Quint et Nino Frank (Le Sagittaire/Simon Kra, coll. « Documents », 1926). « Si lon voulait qualifier Larbaud, il faudrait trouver un mot qui soit synonyme de modestie et de douceur. Larbaud le doux, le modeste est un poète. [ ] Il a apporté à la poésie moderne un regard direct et puissant, un dépaysement nécessaire et la joie de la vitesse » 235 Philippe Soupault. [Un douanier contre les snobs]. Manuscrit autographe signé, [1946]. Plus un manuscrit en partie autographe, Henri Rousseau, le Douanier, [1979] ; 6 pages et quart in-4°, et 5 pages in-fol. Sur le Douanier Rousseau. Le premier article fut écrit à loccasion dune exposition à la galerie Charpentier consacrée à lÉcole de Paris depuis Henri Rousseau, et parut dans Les Lettres françaises (n° 118), le 26 juillet 1946. « Pour celui qui a si durement travaillé, pour celui dont on sest si méchamment et si injustement moqué pendant toute sa vie, la destinée fut cruelle [ ]. Peut-être nest-il pas malgré tout trop tard pour réparer cette injustice » Soupault sattache à libérer ce « pionnier de la peinture » de létiquette de « primitif », et à défaire quelques idées reçues tenaces qui talonnent sa mémoire Le second texte est élaboré à partir dune photocopie dun article paru dans La Revue du XXe siècle en 1962 (repris dans Profils perdus, 1963), collée sur de grands feuillets ; Soupault y apporte au feutre violet dans les marges dimportantes modifications et additions en vue du recueil Écrits sur la peinture (Lachenal & Ritter, 1980). Il rédige notamment une nouvelle conclusion, pour signaler La Vérité sur le douanier Rousseau dHenry Certigny : « Cet érudit a retrouvé tous les documents sur la vie du peintre et recueilli, en les commentant, les témoignages de ceux qui lavaient connu plus ou moins bien et qui lavaient jugé plus ou moins mal. On peut douter que les propriétaires des toiles de Rousseau songent à lire ce livre vengeur ». 236 Philippe Soupault. Découverte dun monde. Manuscrit autographe, [1946] ; 25 pages in-4° et titre autographe. Réflexions sur la lente intégration des découvertes de lesprit. « Combien faudra-til de temps pour que nos contemporains (je pense à la fois à la majorité et à la masse) saperçoivent que certains hommes ont découvert un nouveau monde. La plupart des gens ignorent encore, je ne loublie pas, les grandes découvertes de la science et leurs conséquences plus ou moins lointaines. Ils finiront bien un jour par sen apercevoir de gré ou de force. Vous parlez datomes ou de pénicilline comme sil sagissait de la pluie et du beau temps » Cependant nous sommes attachés à ce quon appelle le patrimoine de lhumanité, ou le savoir, au point den faire une fausse religion, et cela même après une guerre qui aurait dû nous apprendre que lesprit nest pas infaillible Soupault rend hommage à quelques génies qui ont lutté contre des tyrannies, qui ont aperçu et apporté des changements dans latmosphère intellectuelle : Lautréamont, Baudelaire, Rimbaud, faisant en passant quelques remarques critiques concernant Mallarmé, Laforgue, Jarry « Si, enfin, on commence à distinguer les couleurs de laurore, on saperçoit bien grâce à cette lumière encore trop rose de létendue du désastre, qui sappelle pour quelques temps équivoque. Cette puissance, la poésie, est engagée. Un nouveau brouillard, moins étouffant mais peut-être aussi dangereux, aussi égarant, règne autour des terres jadis reconnues » &c. 237 Philippe Soupault. « Il nest pas facile dêtre libre » Manuscrit autographe, [vers 1946] ; 1 page et quart in-8° avec corrections. « Il nest pas facile dêtre libre. Surtout quand on aime la liberté. Il est simple de réclamer la liberté, de lexiger et même peut-être de mourir pour elle. Mais la connaître ? Jaime la liberté passionnément. Je veux être libre. Jai souffert toute ma vie pour pouvoir être libre. Jai fait souffrir pour pouvoir être libre. Je crois que quelquun que jaimais est mort parce que je voulais être libre. [ ] Mais jai senti que je nétais pas vraiment libre. Je le sais mieux encore depuis que jai été prisonnier, depuis que jai connu la captivité. [ ] Jai entendu le bruit des clefs, le grincement des serrures qui annonce langoisse. Jai secoué désespérément la porte qui me séparait du monde. Et quand on ma relâché je me suis rendu compte que je nétais pas vraiment libre. La plupart des hommes et des femmes aime[nt] la servitude » Il en a rencontré peu qui sacrifiaient tout pour être libres : « Ils mont enseigné à ne rien posséder, à ne mattacher à rien » Ce texte semble être inédit. 238 Philippe Soupault. [Le Roi de la vie et vingt autres nouvelles]. 5 manuscrits autographes (un signé), et 2 tapuscrits avec additions ou corrections autographes, de contes, [vers 1946-1965] ; env. 40 pages formats divers. Sept contes recueillis comme des inédits dans Le Roi de la vie et vingt autres nouvelles, volume publié le 12 mars 1992 pour le deuxième anniversaire de la mort du poète, chez Lachenal & Ritter. Manuscrits autographes des contes et récits (les titres ont été portés postérieurement au crayon), tous publiés dans lédition de 1992 : Affiches (4 p. in-8° sur papier rose), LHypnotiseur (achevé 5 p. in-8°), Les Musiciens (3 p. in-4°), Novembre (vers 1947, 2 p. in-4° sur papier du Journal of Applied Physics de Pittsburgh University, auquel collaborait son frère le médecin Robert Soupault), et Celle que vous croyez (vers 1965, 3 p. in-4°). Le Silence de la nuit [1946-1947] est en grande partie autographe : le tapuscrit original est abondamment corrigé et augmenté de quatre pages autographes (10 p. in-4°). Enfin, le tapuscrit dUne expérience onirique est signé au crayon (14 p. in-4°), et présente dinfimes corrections. 239 Philippe Soupault. 2 manuscrits autographes, [vers 1946 ?] ; 12 pages et demie in-8° avec ratures et corrections, au dos de feuillets à en-tête de lUNESCO. « Parmi les maladies les plus honteuses de notre époque, il serait juste den dénoncer surtout deux : la passion morbide de nos contemporains pour le roman dit policier dune part et la fascination pour la télévision dautre part. Ces deux affections sont graves car elles provoquent toujours chez les patients un abrutissement qui risque de devenir définitif » « Parmi tous les phénomènes de laprès-guerre un des plus intéressants, mais dont on na pas encore mesuré lamplitude, est le développement gigantesque, le mot nest pas trop fort, de la presse destinée aux femmes et rédigée par des femmes » 240 Philippe Soupault. Manuscrit autographe, [1947] ; 4 pages in-4° avec ratures et corrections. Bel article sur lédition clandestine sous lOccupation, peut-être destiné aux Lettres françaises, à propos de la Bibliographie des éditions françaises clandestines imprimées dans les Pays-Bas pendant lOccupation allemande 1940-1945 par Dirk De Jong, (La Haye et Paris, A.A.M. Stols, 1947). « Ni le temps, rongeur infatigable, ni les menaces, ni la mort qui vous guette, aussi tenace que lombre, ni la souffrance, incendie quon ne peut vaincre, nont pu vaincre lesprit. Nul de ceux qui ont subi lépoque la plus désespérante de lhistoire de lhumanité, ne doivent loublier. Il faut le répéter, il importe de lapprendre à ceux qui dans lavenir entendront parler des années atroces sans les avoir vécues. [ ] Tout était-il perdu ? Tout semblait perdu. Le silence sétendait comme un ciel de plomb sur les terres sanglantes » Il se souvient, « comme dune merveilleuse aurore », de lapparition des publications clandestines, « signaux de la délivrance », « symboles de la liberté » Il souligne le courage de ceux qui les produisirent, dans cette vaste prison que fut lEurope dominée par les nazis. « Ainsi, alors que le silence et la nuit, alors que les nuages gonflés de sang, alors que lépais brouillard de la souffrance couvraient la Hollande et lisolaient du reste du monde quelques hommes dont on noubliera jamais les noms soutenaient lhonneur dune corporation, exaltaient lart, la fidélité, le courage et exigèrent que la plus pure flamme de lesprit, mêlée à celles de la foi et de lespérance, ne cesse pas de sélever » 241 Philippe Soupault. 3 manuscrits autographes de voyages, [vers 1948-1953] ; 12 pages et demie in-4° avec ratures et corrections, le premier au dos de feuillets à en-tête du Journal of Applied Physics. [Istanboul, 1948 ?]. « Jeus la chance de voir peu avant larrivée sécarter les nuées et je pus du haut du ciel contempler ce paysage où fut construit Byzance [ ]. Il métait, de ces coup dil, aisé de comprendre que ce carrefour marin, cette porte entre deux mers et deux continents devait nécessairement dicter aux hommes la construction dune métropole » Etc. [Gibraltar, 1953 ?]. « Vu de la mer ou vu du ciel le rocher de Gibraltar fait penser à un gigantesque poing fermé. Ce que la Grande Bretagne a voulu affirmer en sincrustant depuis 1704 à la pointe de lextrême occident européen cest quelle entendait jouer un rôle en Méditerranée » Méditerranée 1953. XII. Espagne : le plus irritant des problèmes. « Un brouillard politique entoure lEspagne depuis plus de dix ans. On connaît quelques-unes des raisons de cette situation équivoque, on en soupçonne quelques autres mais, à vrai dire, on ignore généralement pourquoi cette situation se prolonge. Les démocraties peuvent-elles reconnaître officiellement un état dictatorial imité de ceux quelles ont combattus et vaincus, et oublier les conditions dans lesquelles le général Franco a imposé et maintenu son régime ? Les dirigeants espagnols eux ne loublient pas mais ils se souviennent aussi des promesses qui leur furent faites pendant la guerre par les États-Unis et la Grande Bretagne au moment où ils craignaient que Franco nacceptât les propositions de son collègue et ami Hitler » 242 Philippe Soupault. 2 manuscrits autographes, [vers 1950-1952 ?] ; 3 pages et demie in-4° (au dos dun tapuscrit dramatique) et 5 pages in-8°, avec ratures et corrections. « On ne peut quadmirer la patience, lattention et lapplication de ces hommes qui ont la passion de sarrêter très longuement devant les boutiques, toutes les boutiques. Ces hommes et ces femmes qui, selon lexpression consacrée, lèchent les vitrines [ ] sont des êtres charmants quand on ne se promène pas avec eux » « Bien que lon nose plus, comme jadis, reprocher aux femmes de prendre grand soin de leur apparence et dy consacrer une part de leur activité, on entend trop encore souvent reprocher aux femmes leur coquetterie, un mot qui a gardé un sens péjoratif. Celui qui comme moi a beaucoup voyagé peut cependant témoigner quun des prestiges les plus certains des femmes européennes est ce que jappellerais volontiers leur tenue » On joint le manuscrit autographe du début dun article sur Simone de Beauvoir, suivi du tapuscrit complet (1 et 4 p. in-4°). 243 Philippe Soupault. Rencontres insolites. Trois manuscrits autographes, [1951] ; 15 pages in-4° ou in-8° avec ratures et corrections. Manet au Cameroun (publié dans Le Journal de Genève, 19 août 1951). Sur sa découverte dans une exposition de peinture, au milieu de « navets refusés par les amateurs les plus myopes dEurope », dun petit tableau de Manet. « Cela me parut inquiétant et réconfortant comme un miracle. Cétait comme une étoile dans un ciel dencre ». La toile avait peu de succès auprès des « coloniaux dits européens », mais beaucoup auprès des Africains, ce qui suscite des réflexions sur la sensibilité des êtres vierges de toute éducation esthétique traditionnelle J.S. Bach sous léquateur (au dos de papier de lHôtel Angola à Luanda). Relation dune visite de deux jours à Lambaréné, au Gabon, chez Albert Schweitzer, médecin missionnaire, musicologue et organiste virtuose ; vision frappante « dun Européen au milieu dune nature hostile inquiétante comme un cauchemar, seul, à plusieurs milliers de kilomètres de la civilisation, entouré dafricains pour qui la musique telle que nous laimons nest quune bamboula, jouant du piano à pédalier dorgue pendant les heures éternellement chaudes de lÉquateur » Un disciple noir dEdmond Jaloux. Récit dun entretien avec un instituteur africain qui souhaitait lui parler parce que Soupault avait connu Edmond Jaloux : « Pancrace pendant toute une soirée me fit admirer les romans annotés par lui » Il a même rédigé un manuscrit autobiographique, insérant « des phrases entières de son auteur favori » 244 Philippe Soupault. [Paul Éluard]. Manuscrit autographe (fragment), [novembre 1952] ; 2 pages et demie in-4° paginées 5 à 7 (petites déchirures au dernier feuillet). Adieu à Paul Éluard (mort le 18 novembre 1952, faire-part des obsèques joint) : « Il simaginait, de très bonne foi, que le poème était la conséquence dune volonté bien définie, [ ] et il prétendait que le poème ainsi conçu était supérieur au rêve. Ce nest pas le jour, je le sais bien de lui faire des reproches. Mais je me sens incapable, comme on vous le demande lorsquun de vos amis meurt, de prononcer une oraison funèbre. Je cherche quel plaisir je pourrais lui faire en ce jour où il a barre sur moi » ; comme il aimait « avec entêtement » lorgue de barbarie entendu dans son enfance à Paris, cest ainsi quon lui dira adieu Soupault reprend : « Et puisquun grand poète de plus vient de disparaître je voudrais le saluer par une poésie qui est, cruellement de circonstance. En 1922 il y a trente ans javais écrit une épitaphe. Je doute que ces héritiers la fassent graver sur sa tombe. Mais je vais la réciter puisquelle lui avait plu. Épitaphe » On joint une photocopie avec corrections autographes du manuscrit de Soupault du poème écrit lors de la mort dAragon, Et le reste (22 déc. 1982, cest le dernier poème de Soupault). 245 Philippe Soupault. Les Peintres mexicains. Manuscrit autographe, [1952] ; 9 p. in-4°. Manuscrit complet dune étude publiée en 1952 dans la Revue du XXe siècle, et recueillie dans Écrits sur la peinture (Lachenal & Ritter, 1980). Soupault présente aux lecteurs six artistes : José Guadalupe Posada, José Orozco, Dego Rivera, Rudino Tamayo, Alfaro Siqueiros et José Luis Cuevas. « Encore trop peu connus en Europe, les peintres mexicains du XXe siècle, ceux qui représentent avec éclat ce quon appelle dans le Nouveau Monde lÉcole mexicaine, admettent et même proclament que lartiste qui fut le précurseur de la peinture dont nous admirons actuellement lexplosion fut un graveur populaire, Posada qui vendait lui-même dans les rues de Mexico ses uvres, des images (au sens des images dÉpinal). Cet artiste génial gravait sur bois à laide dun couteau des scènes que nous appellerions aujourdhui, au siècle de la photographie et du cinéma, des actualités : crimes, catastrophes, procès, qui passionnaient lopinion publique, et dont latmosphère rappelle celle des complaintes » 246 Philippe Soupault. [René Crevel]. Manuscrit autographe, [1954] ; 14 pages in-8° avec ratures et corrections, au dos de feuillets à en-tête de lUNESCO. Bel hommage à René Crevel, publié dans un numéro spécial dhommage de la revue Temps mêlés (octobre 1954), et recueilli dans Profils perdus (Mercure de France, 1962). Soupault compare Crevel à un arbre agité par le vent : « René Crevel était un être frémissant. Il frémissait de la tête au pied et je dois ajouter douloureusement. Ce frémissement, quelque soit le vent ou la tempête qui en fut la cause, je savais bien quil était permanent, que Crevel ne pouvait pas sempêcher de frémir. Il était né révolté comme dautres naissent avec des yeux bleus. [ ] Cétait un insurgé. Mais comme il était amiable, bon et toujours anxieux de faire plaisir il était contradictoire. Il acceptait de fréquenter des gens impossibles et notamment des snobs imbuvables » Cependant il était loyal, et capable de lutter : en témoigne laccueil quil fit aux Champs magnétiques Il était authentique, et susceptible de souffrir ; son fameux charme était complexe. Cet « être exceptionnel » publiait des livres quil oubliait, tels « des bouteilles jetées à la mer » « Il découvrit dailleurs, grâce au surréalisme, un domaine dont il parcourut seul de grands espaces. Il neut pas le temps de poursuivre ces explorations mais je suis certain que cest de cette activité dont il aurait aimé quon se souvienne dabord » 247 Philippe Soupault. [Célébrité dun sot]. Manuscrit autographe, [1955] ; 9 pages in-8° avec ratures et corrections, au dos de feuillets à en-tête de lUNESCO. Cet article sur la traduction française de la Vie de Samuel Johnson de James Boswell (Gallimard, 1954) a été publié dans Le Journal de Genève (28 novembre 1955). « Ceux qui avaient lu cette biographie dans le texte original avaient déjà été frappés par la figure singulière de Samuel Johnson et se demandait si sa gloire nétait pas la conséquence dun malentendu. Mais, craignant de ne pas saisir toutes les nuances des conversations du Docteur et de son biographe, ils se gardaient de porter un jugement et sétonnaient seulement quon puisse admirer avec tant de ferveur ce discoureur impétueux et intarissable ». Lexcellente traduction de J.-P. Le Hoc rend plus net le langage et plus clair le génie du héros. Soupault reconnaît lextravagance de ce personnage qui abusa de la mode dont il jouissait pour décocher des rosseries à Goldsmith, Fielding, Garrick et dautres ; Paul Léautaud lui ressemble Il eut la gloire dun enterrement à labbaye de Westminster, à côté des plus grands poètes et savants anglais. « Et le respect de la tradition, si puissant en Angleterre, fit son uvre » 248 Philippe Soupault. 3 manuscrits autographes de nouvelles, [vers 1960 ?] ; 17 pages in-4° ou in-8°. Trois nouvelles inédites. « Lautre matin je me promenais » (8 p. in-8° sur papier bleu) : découverte inattendue dans une rue sans âme, dune fenêtre fleurie ; cette vue provoque une rêverie chez le promeneur émerveillé « Pour faire plaisir à une jeune femme de mes amies qui prétendait vouloir me demander conseil et sachant bien quelle ne le suivrait pas, je suis allé assister à une présentation de collection chez un couturier à la mode » (3 p. in-4°). « Tandis que, penché sur ma table de travail, jécrivais en tirant la langue selon mon habitude » , lirruption dun moineau à sa fenêtre suscite une foule de questions inquiètes concernant le sort des oiseaux en hiver (6 p. in-8°, inachevé). 249 Philippe Soupault. Cerf-Volant. Poème autographe, octobre 1968 ; 1 page in-8°. Belle pièce de trois quatrains, datée à la fin, et dédicacée en tête à Lydie Lachenal : « à ma chère et mon unique Lydie » ; publiée dans Poèmes retrouvés (1982). « Je suis encore et toujours / après tant et tant dannées / cet enfant qui tire sur une ficelle / à la poursuite du vent » Exposition Soupault BnF (1997) ; reprod. dans Portrait(s) de Philippe Soupault (p. 23). 250 Philippe Soupault. Sept Étoiles. Poème autographe, [1968] ; 1 page et quart in-4° à lencre violette. Belle pièce de 32 vers, présentant quelques corrections, et recueillie dans Poèmes retrouvés (1982). « Regarder cette étoile / à la fin du jour / Regarder cette étoile / au début de la nuit » 251 Philippe Soupault. Weissberg. Manuscrit autographe, 1980 ; 3 pages et demie in-fol., avec qqs corrections. Préface à la monographie bilingue illustrée, Weissberg, peintre (Lachenal & Ritter, 1980), consacrée au peintre Léon Weissberg (1893-1943), né en Galicie, déporté et mort assassiné au camp de Lublin-Maïdanek. « Découvrir luvre dun peintre encore injustement trop peu connu est une expérience passionnante » Le manuscrit, au feutre violet, est daté au crayon : « Cannes Octobre 1980 », et dédicacé à Lydie Lachenal : « à Lydie (autrement dit Jules) son ami Philippe (dit Edmond) ». 252 Philippe Soupault. [Écrits sur la peinture]. Copies avec corrections et additions autographes, [1980] ; 15 pages formats divers. Textes revus pour le recueil Écrits sur la peinture (Lachenal & Ritter, 1980). Robert Delaunay, article publié dans Les Nouvelles littéraires (3 juin 1976), à loccasion de lexposition Delaunay à lOrangerie des Tuileries ; larticle découpé et collé sur de grandes pages reçoit des corrections autographes, et Soupault rédige une importante conclusion autographe : « Ceux qui lont connu savaient que leur ami était un solitaire » Salvador Dali, coupure de presse des Nouvelles littéraires (17 janvier 1980) avec corrections autographes, et photocopie avec addition de deux notes autographes : « On lappelait le tiroir-caisse » ; et : « Déjà en 1933, Dali avait proclamé son admiration [ ] pour le monstrueux Adolf Hitler. Il avait, comme le boucher et tortionnaire Amin Dada (un autre sinistre exhibitionniste) déclaré que le sanglant Führer était son idole » Les Primitifs portugais, photocopie dun article paru dans la Revue des Voyages (1959), avec titre et qqs corrections autographes. Wassily Kandinsky, 1975 ; photocopie du manuscrit, avec titre, date et qqs corrections autographes. Sergio Ceccotti, photocopie du texte paru dans Opus (automne 1980), avec titre et qqs corrections autographes. 253 Philippe Soupault. Brouillon autographe dun manuscrit sur Rimbaud, [1981] ; 1 page et demie in-4° avec qqs ratures et corrections. Manuscrit de premier jet dun texte qui paraîtra, remanié, dans louvrage collectif Un sieur Rimbaud se disant négociant (Lachenal & Ritter, 1984, p. 92). « Charleville. La mère Rimb. Paris, la Commune. Forain. Retour à Charleville. Paris Verlaine Londres. Stuttgart Bruxelles Amsterdam. Java. Chypre. Enfin le négociant Rimbaud franchit le canal de Suez et explore la mer Rouge. Cest sur ces rivages que jai cherché à suivre les itinéraires quavait suivis le négociant, itinéraires quil avait finalement préférés. Ce nest pas ce quon sobstine à nommer le secret des départs de Rimbaud et son oubli de la poésie quil fallait découvrir mais plus simplement pourquoi la mer Rouge et ses rivages fascinèrent le voyageur infatigable, jamais satisfait, toujours à la recherche de nouvelles lumières et de nouveaux mystères » On joint le tapuscrit dun argument de ballet télévisuel, Les Sons et les Couleurs, avec addition autographe de 2 vers de Baudelaire et corrections autographes (1 p. et demie in-4°). 254 Philippe Soupault. Anniversaire. Poème autographe, 29 octobre 1981 ; 1 page in-8°. Belle pièce dédiée à sa femme : « pour Ré », de 18 vers, et recueillie dans Poèmes retrouvés (1982). « Je voudrais te donner / une couronne / constellée de toutes les étoiles / du firmament » 255 Philippe Soupault. [Poèmes retrouvés]. 4 manuscrits autographes ; sur 4 p. in-4° ou in-8°. Topo, texte en prose publié en fac-similé en préambule aux Poèmes retrouvés (1982). « Ph. S. nest pas collectionneur. Il écrit des poèmes mais ne pense jamais à les conserver. Il les donne à des revues ou des amies et des amis. Il faut reconnaître que Ph. S. a la mémoire courte. Il est parfois surpris quon lui montre dans une revue un poème et quon lui affirme que cest bien lui qui la écrit. Dailleurs il est incapable de juger ses poèmes. Il est parfois étonné de leur existence. Il regrette souvent de les avoir écrits » Trois poèmes recueillis dans Poèmes retrouvés, 1982 : Plus jamais, [1970 ?], 15 vers, avec une correction : « Je sais désormais que la vieillesse cest déjà lenfer » [Persévérer, 1975], 12 vers : « Au bout dun long chemin » Automne, [1976], 5 vers : « Cette feuille qui tombe » 256 Philippe Soupault. [Poèmes retrouvés]. 3 poèmes autographes, [1950 ?-1968] ; sur 3 pages in-4° ou in-8° à lencre violette (la dernière froissée avec déchirure réparée au dos). Trois poèmes recueillis dans Poèmes retrouvés, 1982. à labattoir, [daté au dos 1950], 4 cinquains, avec quelques corrections : « Adieu lézards adieu corbeaux » [Rien, 1967], 19 vers, avec quelques corrections : « Plus rien même pas de la cendre » Ode [Ode à lamour, 1968], 15 vers : « Demain cest peut-être la mort » 257 Philippe Soupault. Manuscrit autographe, [vers 1982] ; 3 pages in-fol. avec qqs corrections. « Je suis né en 1897, trois ans donc avant le début du XXe siècle. Pendant ma longue vie jai assisté aux bouleversements de la vie des femmes et des hommes, mes contemporains » Il nomme quelques-unes des inventions qui ont bouleversé le monde et lhumanité, depuis lautomobile jusquà la première marche sur la lune, en privilégiant les transformations de la vie urbaine. Il termine en constatant que la loi de lhomme est désormais discutée : « Il faut espérer que ce quArthur Rimbaud prophétisait, deviendrait une réalité : Quand sera brisé linfini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, lhomme jusquici abominable lui aura donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi ! » On joint deux autres manuscrits autographes : la fin dun article sur la photographie (pages 18 à 21) ; et le brouillon dun texte sur la publicité (1 p. in-4°). 258 Philippe Soupault. [Poésies pour mes amis les enfants]. 9 manuscrits autographes dont trois signés, [1976-1982] ; 10 pages formats divers. Bel ensemble de textes et sept poèmes du recueil Poésies pour mes amis les enfants (Lachenal & Ritter, 1983). Page de titre autographe calligraphiée au feutre bleu, avec un petit dessin denfant collé. Préface : « Six ans. Pas encore lâge de raison » Soupault évoque une distribution des prix présidée par son grand-père, où les écoliers chantaient une comptine « Cest ce souvenir qui ma incité à écrire quelques poèmes pour mes amies et mes amis des écoles, des lycées, des grandes écoles et des maisons de retraite ». Pleine Lune, [1975], 8 vers, signé : « Jai ouvert ma fenêtre » Cest demain Dimanche, [1976], 14 vers, signé : « Il faut apprendre à sourire » Emmanuèle ma dit, [1976], 3 sizains : « Je naime pas tellement les souris » « La petite Emmanuèle » , [1976], 2 quatrains. « Véronique est malade » , [1976], 14 vers, avec corrections. « Qui frappe à la porte » , [1981], 9 vers. [Bastien enfile tes bottes], 1982, 16 vers, signé « Philippe » : « Bastien mon ami » 259 Philippe soupault. [Mémoires de lOubli]. Tapuscrit original avec corrections autographes ; 253 pages petit in-4°, plus qqs feuillets intercalaires, sur papier perforé dans 2 classeurs à anneaux noirs. Plus 22 manuscrits autographes dadditifs ; 45 pages formats divers. Important dossier sur la genèse de ses Mémoires de lOubli, qui paraîtront en 3 tomes chez Lachenal & Ritter (1981, 1986 et 1997). Premier état dactylographié. Cette version originale, dactylographiée par les soins de lauteur, est corrigée et annotée de sa main, principalement au crayon (parfois repassé à lencre par L. Lachenal). Elle fut terminée en 1978. Soupault commença à y apporter des ajouts et des révisions en 1979, réalisant sur ce document un premier découpage en chapitres. Il a également attaché au tapuscrit quelques billets à lintention de son éditeur : « Faudra-til mettre en appendice mes articles dU.R.S.S. et des U.S.A. de Vu » « Peut-être articles de Vu sur le chômage en Allemagne » Ces Mémoires, qui souvrent par le souvenir de la mobilisation générale à Paris, le 2 août 1914, plongent rapidement le lecteur dans les milieux littéraires que Soupault devait fréquenter : Apollinaire au Café de Flore, première rencontre dAndré Breton, etc. ; ils sachèvent en 1933. Additions à la copie des Mémoires. Ces développements sont de longueurs différentes, allant dune page pour apporter une précision, à plusieurs pages pour ajouter et raconter un nouvel épisode ou un portrait. Fragment dune première ébauche de Mémoires : Soupault à biffé son serment initial de raconter toute la vérité ; il explique comment il fit la connaissance dApollinaire Portrait dAragon après la démobilisation Texte du poème dit par Apollinaire au banquet offert au Douanier Rousseau dans latelier de Picasso Sur le contexte historique de Parade Anecdotes sur André Breton, Pierre Janet, Paul Éluard, Jacques Baron, André Masson, les expériences de sommeil, etc. Texte de 8 pagesconsacré à Georges Ribemont-Dessaignes Évocation de la forêt de Bussaco Fragment dun article sur le chômage en Allemagne avec avis à son éditeur : « Il faut ajouter une dizaine dappendices » Projet de texte pour la 4e de couverture &c. On joint un dossier de notes et manuscrits autographes à propos du manuscrit des Champs magnétiques, 1976-1985 (15 p., formats divers). Ce manuscrit original, écrit par André Breton et Philippe Soupault, réputé détruit, partiellement recopié par Breton, puis miraculeusement retrouvé complet en 1982, fut acquis par la Bibliothèque Nationale. Ces textes composeront l« Histoire dun manuscrit » et la Note rectificative publiés dans Mémoires de loubli (t. II, p. 13-14 et 177-189 ). 260 Philippe Soupault. 3 manuscrits autographes de sketches, [vers 1986-1987] ; 17 pages la plupart in-4°. Amusants sketches inédits, dont deux dédicacés : « à mon ami Ken Ritter qui a le sens de lhumour », et « Pour mon ami Ken en espérant le faire sourire et pour le distraire des maths. Philippe ». La scène se passe dans un hôtel particulier du quai Malaquais : Charles Cavallier, maître du chien Bacchus, reçoit la visite du commissaire de police, qui lui apprend quil jouit dune grande réputation dhonorabilité dans le voisinage (Mme Labeille, directrice de la célèbre imprimerie, lapprouve), mais que Bacchus a un comportement scandaleux dans le Jardin des Tuileries Avec un avis signé « Alain Ballochard » : « Toutes allusions à la vie dune personnalité vivante sont incroyables ». Où Mme Labeille écoute les reproches de M. Ballochard, député de copropriétaires, se plaignant du chien Bacchus (crottes, aboiements), et recommandant M. Altscheler, vétérinaire et célèbre empoisonneur Les Mésaventures de Bacchus. Où Mme Labeille, fort enrhumée, voit se sauver de chez elle une vieille amie, un photographe de presse, une nièce, etc., tous incommodés par une odeur étrange. Arrive le préposé des Pompes funèbres, offrant ses services pour le cimetière des chiens 261 Philippe Soupault. Dessins. Manuscrit autographe ; 1 page in-8° au feutre violet. Texte inédit pour un album de ses propres dessins automatiques. « Ayant été obligé de relire Les Champs magnétiques pour répondre aux questions de la traductrice de ce livre en langue allemande jai été sollicité comme autrefois de tracer des dessins automatiques. Jai donc accepté de répondre à ce désir et jai commencé avec joie à dessiner. Jétais étonné de répondre à cette sollicitation » Une vignette sur le titre et 40 doubles planches montées sur onglets, gravées daprès GIOTTO, SPINELLO, MEMMI, VENEZIANO, ORGAGNA, BUFFALMACCO, GOZZOLI |