ACCUEIL CONTACT ARCHIVES LIENS

Vente aux enchères publiques mercredi 21 mars 2007
en savoir plus

lots 166 à 261

166 Philippe SOUPAULT. L’Arme secrète. Paris, Bordas, s. d. [1946]. In-4° broché. ÉDITION ORIGINALE.
Une lithographie signée en frontispice et six dessins par André MASSON.
Tiré à 340 exemplaires, celui-ci (n° 172), un des 300 sur B. F. K. de Rives pur chiffon, signés par l’auteur.

167 Philippe SOUPAULT. Message de l’île déserte. Poëme. La Haye, Stols, 1947. In-8°, toile beige de l’éditeur, jaquette violette.
ÉDITION ORIGINALE.
Un portrait en pied de l’auteur par Alexandre ALEXEIEFF.
Tiré à 629 exemplaires, celui-ci (n° 440), un des 625 sur hollande Van Gelder.

168 Philippe SOUPAULT. Chansons. S. l. [Rolle], Eynard, n. d. [1949]. In-12 broché. Un portrait par André MASSON.
Tiré à 2 053 exemplaires, celui-ci (n° 14), un des 2 000 sur vélin fin blanc volumineux.
Envoi sur le faux-titre « À Ken le nouvel abbé de l’abbaye […] »

169 Philippe SOUPAULT. Essai sur la poésie. S. l. [Lausanne], Eynard, n. d. [1950]. In-4° broché.
Tiré à part de la préface donnée par Soupault au Chant du Prince Igor publié simultanément.
Tiré à 300 exemplaires, celui-ci n° 25.
JOINT : Sans Phrases […]. Paris, 1953. In-12 broché, couverture illustrée. Tiré à 626 ex.
ENSEMBLE DEUX VOLUMES.

170 Philippe SOUPAULT. Essai sur la poésie. Autre exemplaire du même ouvrage. Exemplaire n° 31.

171 Philippe SOUPAULT. Poèmes et poésies (1917-1973). Paris, Grasset, s. d. [1973]. In-8°, veau noir, filet doré encadrant les plats, plats et doublure de toile violette, dos lisse, tête dorée, couverture conservée (J.-P. Miguet). Un des 34 exemplaires de tÊte sur vélin pur fil, celui-ci (n° IV), un des quatorze hors commerce.
Envoi de l’auteur « Au bibliophile et surtout à l’ami Ken […] »

172 Philippe SOUPAULT. Lautréamont. Paris, Seghers, coll. « Poètes d’aujourd’hui », 1973. In-16 broché, couverture illustrée. Envoi de l’auteur « à Lydie » à l’encre violette sur le faux-titre : « Découverte de Lautréamont, pour le 28 juin 1917 […] » avec signature en forme de « dessin automatique ».
Illustrations hors texte.
Exemplaire comprenant quelques annotations manuscrites de Lydie Lachenal.

173 Philippe SOUPAULT. Rendez-vous ! S. l., Les Impénitens, n. d. [1973]. Petit in-4° en feuilles, sous couverture et chemise-étui de l’éditeur. Une eau-forte par Jacques HOUPELAIN en frontispice et douze autres par Ludmilla BALFOUR.
Tiré à 130 exemplaires sur vélin de Rives.

174 Philippe SOUPAULT. Collection Fantôme. Paris, Galerie de Seine, 1973. In-8° broché, couverture noire et jaquette rouge ajourée.
Catalogue illustré en couleurs d’une exposition surréaliste avec texte de présentation par Ph. Soupault.
Exemplaire de l’auteur avec annotations manuscrites.

175 Philippe SOUPAULT. Le 6° Coup de minuit. S. l., Galerie Simone Boudet & Éditions Privat, n. d. [1973]. Volume à la forme (165 x 320 mm), sous couverture illustrée et étui métallique à décor (Erpeldinger). Un dessin en frontispice et cinq gouaches au pochoir signées par Léon GISCHIA ; partition musicale par Jean-Jacques ROBERT ; fac-similé. Tiré à 70 ex., celui-ci (n° 58), un des quinze hors-commerce signés.

176 Philippe SOUPAULT. Apprendre à vivre. 1897-1914 […]. Marseille, Rijois, 1977. In-8° br. ÉDITION en partie originale. Envoi à l’encre violette sur le faux-titre « À Ken à Lydie à mes amis. »
Quelques marques et annotations marginales.
JOINT : SOUPAULT. Écrits de cinéma [1918-1931]. Texte réunis etr présentés par Odette et Alain Virmaux. Paris, Plon, 1979. In-4° broché. É. O. en volume. Envoi en page de garde « A mes chers éditeurs [Lydie Lachenal et Ken Ritter] et surtout des amis […] »
ENSEMBLE DEUX VOLUMES.

177 162 Philippe SOUPAULT. Profils perdus. Paris, Mercure de France, 1963. In-12 broché.
Cette réunion de témoignages connus contient un texte inédit : « Les Pas dans les pas ».

178 [SOUPAULT]. Sergio CECCOTTI. L’Insolite Quotidien. Préface par Philippe Soupault. S. l. [Rome], Valori Plastici, n. d. [1980]. In-8° oblong broché, jaquette grise. reproductions en noir ou en couleurs par Sergio CECCOTTI.
Tiré à 1 000 exemplaires, celui-ci (n° 55), un des 100 DE TÊTE contenant une eau-forte coloriÉe À la main, signée et numérotée.

179 [SOUPAULT]. Sergio CECCOTTI. L’Insolite Quotidien. Autre exemplaire du même ouvrage, couverture brune.
Tiré à 1 000 exemplaires, celui-ci n° 719.
Envoi de Ph. Soupault à l’encre violette sur la page de garde : « À Ken à l’amateur de Ceccotti. »

180 Philippe SOUPAULT. Écrits sur la peinture. Paris, Lachenal & Ritter, s. d. [1980]. Petit
in-4° broché, couverture illustrée et étui de l’éditeur. ÉDITION en grande partie ORIGINALE.
Nombreuses illustrations, certaines hors texte en couleurs.
Un des 90 exemplaires de tÊte signés par l’auteur contenant une eau-forte numérotée et signée par André Masson, celui-ci (H. C. A), un des quinze hors-commerce.
Exemplaire de l’éditeur.
JOINT : SOUPAULT. « Ode à Marc Chagall », Paris, L’Essai, 1959. In-folio, quatre pages.
Numéro 1 (septembre 1959) de la première année du bimestriel L’Essai. Revue littéraire et artistique comprenant en première page le poème de Philippe Soupault intitulé « Ode à Marc Chagall » et une illustration par CHAGALL.
ENSEMBLE DEUX « ÉLÉMENTS ».

181 Philippe SOUPAULT. Écrits sur la peinture. Autre exemplaire du même ouvrage. Un des 90 exemplaires de tÊte signés par l’auteur contenant une eau-forte numérotée et signée par André Masson, celui-ci (H. C. B), un des quinze hors-commerce.

182 Philippe SOUPAULT. Mémoires de l’oubli. Paris, Lachenal & Ritter, s. d. [1981]. In-8° broché. ÉDITION ORIGINALE.
Volume I des Mémoires dont la couverture porte : Mémoires de l’oubli 1914-1923.
Neuf dessins automatiques de SOUPAULT en culs-de-lampe ; fac-similés et photographies.
Un des 100 exemplaires de tÊte sur centaure ivoire signés par l’auteur à l’encre violette, celui-ci (n° I), un des 25 numérotés en chiffres romains et enrichis d’une suite supplÉmentaire des neuf « dessins automatiques » signés et numérotés par l’auteur. Long envoi à l’encre violette en page de garde « À la très chère Lydie qui a ressuscité un poulain déjà boiteux, à l’éditrice qui a réussi à donner à ce livre sa véritable dimension mais surtout à l’amie fidèle et vigilante avec toute mon affection […] »
Joint : le bandeau du prix Saint-Simon.

183 Philippe SOUPAULT. Mémoires de l’oubli. Autre exemplaire du même ouvrage. Un des 100 exemplaires de tÊte sur centaure ivoire signés par l’auteur à l’encre violette, celui-ci n° 3. Envoi à l’encre violette en page de garde : « Pour le cher Ken l’ami parfait et attentif […] »

184 Philippe SOUPAULT. Mémoires de l’oubli. Autre exemplaire du même ouvrage.
Un des 100 exemplaires de tÊte sur centaure ivoire signés par l’auteur à l’encre violette, celui-ci n° 10.

185 Philippe SOUPAULT. Mémoires de l’oubli. Paris, Lachenal & Ritter, s. d. [1986]. In-8° broché. ÉDITION ORIGINALE.
Volume II des Mémoires dont la couverture porte : Mémoires de l’oubli 1923-1926.
Portraits et nombreux fac-similés. Un des 100 EXEMPLAIRES de tÊte sur centaure ivoire, celui-ci (n° I), signé par l’auteur à l’encre violette, un des 25 numérotés en chiffres romains.
JOINT : un manuscrit autographe à l’encre violette : « Moi, je hais le succès. J’aime qu’on me siffle […] »

186 Philippe SOUPAULT. Mémoires de l’oubli. Autre exemplaire du même ouvrage.
Un des 100 EXEMPLAIRES de tÊte sur centaure ivoire, celui-ci (n° 14), un des 75 numérotés en chiffres arabes.

187 Philippe SOUPAULT. Mémoires de l’oubli. Paris, Lachenal & Ritter, s. d. [1997]. In-8° broché.
ÉDITION ORIGINALE.
Volume III des Mémoires dont la couverture porte : Mémoires de l’oubli 1927-1933.
Portraits et nombreux fac-similés.
Un des 100 exemplaires de tÊte sur centaure ivoire, celui-ci (n° I), un des 25 numérotés en chiffres romains contenant un tirage de la photographie inédite utilisée pour le frontispice (n° I/XXV).

188 Philippe SOUPAULT. Mémoires de l’oubli. Autre exemplaire du même ouvrage.
Un des 100 exemplaires de tÊte sur centaure ivoire, celui-ci (n° VII), un des 25 numérotés en chiffres romains contenant un tirage de la photographie inédite utilisée pour le frontispice (n° VII/XXV).

189 Philippe SOUPAULT. Poèmes retrouvés 1918-1981 suivis d’Un Essai sur la poésie. Paris, Lachenal & Ritter, 1982. In-8° broché, couverture rouge.
ÉDITION ORIGINALE.
Illustrations d’après MASSON ; fac-similés. Tiré à 1 285 exemplaires, celui-ci (n° 1), un des 85 de tÊte imprimés sur kraft seigle pour les quatre-vingt cinq ans du poète.

190 Philippe SOUPAULT. Poèmes retrouvés. Autre exemplaire du même ouvrage. Celui-ci (n° 3), un des 85 de tÊte sur kraft seigle.

191 Philippe SOUPAULT. Poèmes retrouvés. Autre exemplaire du même ouvrage. Celui-ci (n° 1), un des 1 150 sur centaure ivoire.
Joint : le carton d’invitation à la signature du livre.

192 Philippe SOUPAULT. Mort de Nick Carter. Paris, Lachenal & Ritter, s. d. [1983]. In-8° broché.
Première édition séparée de ce texte publié dans la revue 900 et dans l’Anthologie de la nouvelle prose française (1926).
Un dessin par Sergio CECCOTTI.
Un des 60 exemplaires de tÊte sur centaure ivoire, celui-ci (n° 1), un des vingt premiers contenant, non justifié, le dessin de CECCOTTI rehaussé au pastel, signé et numéroté par l’artiste (I/XX).
Exemplaire portant la signature de l’auteur à l’encre violette en page de garde.

193 Philippe SOUPAULT. Mort de Nick Carter. Autre exemplaire du même ouvrage.
Un des 60 exemplaires de tÊte sur centaure ivoire, celui-ci (n° 2), un des vingt premiers contenant, non justifié, le dessin de CECCOTTI rehaussé au pastel, signé et numéroté par l’artiste (II/XX).
Exemplaire portant la signature de l’auteur à l’encre violette en page de garde.

194 Philippe SOUPAULT. Mort de Nick Carter. Autre exemplaire du même ouvrage. Un des 60 exemplaires de tÊte sur centaure ivoire, celui-ci n° 27.

195 Philippe SOUPAULT. Poésies pour mes amis les enfants. Paris, Lachenal & Ritter, 1983. In-8° broché, couverture bleue illustrée.
ÉDITION en partie ORIGINALE et premier tirage.
Fac-similés, reproductions photographies et lettrines en couleurs en Bestial Bold de Push Pin Studios.

196 [Philippe SOUPAULT]. I’m lying. Selected Translations of Philippe Soupault. Providence (É.U.A.), Lost Roads, 1985. In-8° broché, couverture et jaquette violette illustrées.
Envoi de l’auteur à l’encre violette sur le faux-titre « À mon cher ami Ken avec toute mon amitié, et en écrivant cette dédicace je ne mens pas […] »
JOINT : Bitte schweigt. Gedichte und Lieder 1917-1986. Leipzig & Weimar, Kiepenheuer, 1989. Petit in-4°, toile noire et jaquette illustrée. Nombreux fac-similés et « dessins automatiques ». Envoi en page de garde : « Comment remercier mon amie Lydie de tout ce qu’elle fait pour moi. Avec mon amitié fidèlement Philippe. 1989. »
Ensemble deux volumes.

• SOUPAULT voir aussi APOLLINAIRE, BRETON, FEUILLES LIBRES, LAUTRÉAMONT & RIMBAUD.

197 Tristan TZARA. Le Surréalisme et l’après-guerre. Paris, Nagel, s. d. [1947]. In-12 broché.
ÉDITION ORIGINALE.
« La poésie n’est pas uniquement un produit écrit […]. Nerval, Baudelaire et Rimbaud font pressentir le sens tragique de cette manière de vivre poétiquement que Dada et le surréalisme ont essayé de mener jusqu’à ses conséquences. » (Ce passage, marqué par l’éditeur Lydie Lachenal, fut le point de départ de l’ouvrage Un sieur Rimbaud se disant négociant, publié en 1984).
Envoi de l’auteur à Élisabeth Marais sur le faux-titre.

• TZARA voir aussi FEUILLES LIBRES & MINOTAURE.

198 Paul VALÉRY. Eupalinos ou l’Architecte. Paris, Javal & Bourdeaux, 1926. In-4° broché. Première édition illustrée.
Illustrations en couleurs par BELTRAND et ornementation sur chaque page.
Tiré à 500 exemplaires, celui-ci (n° 564), un des 300 sur vélin d’Arches.
JOINT : VALÉRY. Une Conquête méthodique. Paris, N. R. F., 1925. In-12 broché. Un autoportrait. Ex. sur vélin de cuve. Ensemble deux volumes.
Karaïskakis & Chapon, 25 c & 11 b.

199 Auguste VILLIERS de L’ISLE-ADAM. Histoires insolites. Paris, Librairie Moderne, 1888. In-12, percaline brune, couverture conservée (reliure postérieure). ÉDITION ORIGINALE.

200 Roger VITRAC. Les Mystères de l’amour. Paris, N. R. F., 1924. In-12 broché.
ÉDITION ORIGINALE.
Un portrait sur bois par André MASSON.
Les autographes et les manuscrits

201 Pierre ALBERT-BIROT. Manuscrit autographe signé de quatre poèmes avec L.A.S. d’envoi, 4 août 1923, à Philippe Soupault ; 5 pages in-4° et demi-page in-8°.
Albert-Birot envoie ces poèmes à la demande de Francis Gérard pour l’Anthologie. Il s’agit de Poème à la chair (poème en prose extrait du premier livre de Grabinoulor), Évasion, Les Corbeaux, Image (ces 3 poèmes extraits d’un recueil à paraître en décembre 1923). Nous citons le début du Poème à la chair : « Le poète dira au compas la joie des courbes de l’amour, qui sont des lumières que l’on touche et les deux portes sont fermées et il y a de l’ombre sur les pieds et sur les têtes »…

202 Louis ARAGON. L.A.S., à Philippe Soupault ; 1 page in-4°, en-tête de La Bibliothèque Française. Il se sent « assez juge et partie dans la littérature “de la France résistante et constructive” » ; et se trouve ainsi embarrassé pour répondre à son confrère au sujet de M. Louros, qui devrait d’abord négocier avec les éditeurs et auteurs français avant d’entreprendre toute publication en Grèce. Il lui donne cependant une liste de livres qu’il espère assez objective : « André Chamson Le Puits des Miracles. Vercors. La Marche à l’étoile. Elsa Triolet. Le Premier accroc coûte deux cents francs. J.-L. Bory. Mon village à l’heure allemande. Pierre Courtade. Les Circonstances. Claude Aveline. Le temps mort. Aragon. Servitude et Grandeur des Français. Romain Gary. Civilisation occidentale »…

203 Victor BRAUNER. L.A.S., 10 décembre, à Philippe Soupault ; 1 page petit in-4°, sur papier rose. Sur un projet d’illustration des Champs magnétiques. Il a reçu une lettre de Breton et suggère à Soupault « de passer un matin à mon atelier (pour vous attirer, je vous rappelle que Henri Rousseau habité le même atelier) 2 Bis rue Perrel » ; il lui explique comment y arriver. « Inutile de vous dire ma joie d’illustrée votre livre et aussi de faire votre connaissance »…

204 André BRETON. L.A.S., Paris 26 février 1954, à Philippe Soupault ; 1 page in-4°, à en-tête de Medium. Il le remercie pour le journal japonais. « Ne vous souciez plus trop du chinois : un ami a réussi à se procurer deux quotidiens de Pékin dont je veux espérer qu’ils ne sont pas trop anciens (ce n’est évidemment pas moi qui peux le déterminer). » Il lui envoie la lettre qu’il lui a lue au téléphone et le prie de la lui retourner…

205 Marc Chagall. Carte postale a.s., 17 juin 1954, à Philippe Soupault ; carte illustrée du tableau de Chagall Entre chien et loup, adresse. « Mon cher ami Merci, merci de tout cœur pour votre poeme – pour moi »…

206 Thomas S. ELIOT. L.S., Londres 23 janvier1923, à Philippe Soupault ; 1 page in-4°, en-tête de la revue The Criterion (trous de classeur). Il lui envoie le Criterion et souhaiterait recevoir en échange les Écrits Nouveaux, bien que le Criterion ne soit que trimestriel. Il veut insérer dans chaque numéro une revue des revues étrangères : « Nous tenons à signaler peut-être deux ou trois des revues littéraires les plus intelligentes de chaque pays, parce que nos lecteurs se trouvent parmi le public le plus éveillé et cosmopolite »…

207 André GIDE. L.A.S., Mardi matin, à Philippe Soupault ; 1 page in-8°.
Il est heureux d’avoir son adresse : « Je ne savais où vous avertir : vous avez laissé chez moi une “serviette” emplie de je ne sais quels papiers. Fort heureux de vous avoir revu et désireux de vous revoir encore ».

208 Julien GRACQ. L.A.S., 19 novembre, à Philippe Soupault ; 1 page obl. in-12, enveloppe. Il le remercie de l’envoi d’un texte « qui me ramène à une patrie de la liberté d’imaginer dont la clé semble un peu perdue par le temps qui court. Je ne le connaissais pas, et je suis heureux qu’il me donne doublement de vos nouvelles. Je n’ai pas oublié nos rencontres occasionnelles du quai Voltaire »…

209 Julien GRACQ. 2 L.A.S., St-Florent 1994-1995, à Ken Ritter et à Lydie Lachenal ;
1 page obl. in-12 chaque, enveloppes. 12 avril 1994 : il remercie Ken Ritter de l’envoi de l’ouvrage de Philippe Soupault, un poète « que j’ai un peu connu (trop peu) à la fin de sa vie, et dont je me réjouis de voir l’intérêt grandissant qu’il éveille maintenant, à si bon droit »…
17 septembre 1995, il ne peut accéder à la demande de Mme Lachenal : « J’ai quatre vingt cinq ans et je vis loin de Paris, au surplus je n’ai jamais accepté ni patronage, ni présidence d’honneur d’aucune sorte ». Il fait partie de l’association des amis de Philippe Soupault, mais il vaudrait mieux « choisir à ma place un écrivain plus jeune, fidèle aux œuvres du poète »…

210 Walter GROPIUS. Lettre dactyl. signée en son nom avec ajouts mss, Weimar 10 janvier 1923, à Philippe Soupault ; 1 page in-fol. en français. Sur le Bauhaus : « L’idée mère qui nous guide depuis la fondation du “Bauhaus” est de nettoyer le domaine des arts plastiques par la culture du métier et des arts manuels, en luttant contre les dilettantes et les chevaliers d’industrie. Dans nos ateliers tout artiste jeune et doué trouvera l’occasion de développer et de faire valoir ses goûts artistiques »… Pour financer ce projet, le Bauhaus envisage de faire appel à soixante artistes européens qui cèderaient une œuvre graphique originale, gravure ou lithographie, qui serait tirée avec soin par leur atelier dirigé par Lionel Feininger. Ces gravures seraient réunies en plusieurs cartons et reliées « dans notre propre atelier de reliure (chef : Paul Klee) »…

211 James JOYCE. L.A.S. « J.J. », [Évian] 5-7-1933, à Philippe Soupault ; 1 page obl. in-8° au dos d’une carte postale ill. du Grand Hôtel d’Évian. Au sujet de la traduction d’Anna Livia Plurabelle : « Est-ce que le 5ème couplet va bien grammaticalement ? » Il trouve l’hôtel agréable : « Merci du tuyau ». Il parle de l’article que son ami Frank Bugden doit envoyer à Soupault. Il partira lundi : « Je fais la cure hélas 1000 fois »…

212 Michel LEIRIS. 2 L.A.S., 17 novembre1983 et 27 mars1986, à Philippe Soupault ;
2 pages obl. in-12 et 1 pages in-8° (au dos d’une carte postale illustrée d’une photo de Man Ray : Nancy Cunard), enveloppes. Il le remercie de l’envoi de ses Poésies pour mes amis les enfants, et d’un double envoi [Mémoires de l’Oubli et Histoire d’un manuscrit] « qui fait sonner à mon oreille maints souvenirs, cors de chasse, les vôtres mêlés aux miens »…
On joint une carte de visite autogr. à Lydie Lachenal, la remerciant pour l’envoi d’un livre de Nerval (plus une l.a.s. de Pierre Petitfils).

213 LITTÉRATURE. 13 lettres ou cartes adressées à Lydie Lachenal ou Ken Ritter, 1982-1997. Il est souvent question de Philippe Soupault. Zéno Bianu (poème autogr.), G.-E. Clancier (2), Nino Frank, Bernard Noël, Maurice Rapin, Jules Roy, Jean Schuster, Bertrand Tavernier (2 photocopies jointes), Julia Wright, etc.

214 René MAGRITTE. Signature et légende autographes sous la photographie d’un tableau ; 11,5 x 16,5 cm. « René Magritte Le Réveil Matin (1957) ». On joint une carte postale a.s. de Georgette Magritte (carte postale a.s., 1980), et la carte n° 10 de la série La Carte d’après nature (avril 1956).

215 André MASSON. 2 L.S. et L.A.S., La Sablonnière à Vouneuil s/Biard (Vienne) 13 et
24 mars 1947, et Samedi, à Philippe Soupault ; 6 pages et demie in-8°. Sur L’Arme secrète et un projet de livre sur le travail de quatre artistes en exil aux États-Unis : Chagall, Léger, Lipchitz et Masson, dont Curt Valentin a eu l’idée en 1945.
13 mars : « Curt Valentin avait demandé à Georges Duthuit le texte de la partie qui me regarde », mais celui-ci a renoncé : « Je ne vois que toi pour me tirer d’affaire. Tu es le seul qui ait vu mon travail aux États-Unis suffisamment et avec assez de compréhension et d’encouragements à mon égard »… Il s’agit de présenter vingt reproductions qui sont chez Gallimard… « J’ai signé tout récemment les 300 lithographies qui doivent accompagner l’Arme secrète, et Bordas m’a dit que l’ouvrage était sur le point de paraître. J’en suis tout content. Je travaille avec furie »…
24 mars : il a reçu sa lettre et en même temps L’Arme secrète, « bien réalisée ma foi. Tes poèmes m’enchantent : […] ils sont un véritable antidote contre le terrible esprit de lourdeur qui submerge tout à cette heure. Quand comprendra-t-on enfin, que la profondeur n’exclut pas la grâce ». Il revient sur le projet du livre sur son œuvre en Amérique : « Bien que je sois classé comme peintre de l’imaginaire, j’ai toujours proclamé que le lieu dans lequel on vivait avait une influence. Par exemple, la lumière. Celle des États-Unis, je l’ai trouvée à la fois exaltante et brisante, presque hostile quelquefois à force d’intensité. J’ai donc réagi, et agi, aussi, avec elle ». Il a peint des paysages américains : « pour donner l’équivalent de la lumière, et de la virulence des choses qui m’inspiraient, je me suis basé sur le noir pur, enchâssant des couleurs brillantes : des jaunes, des bleus, des rouges, rejoignant d’ailleurs ainsi, les couleurs indiennes. » La faune l’a aussi inspiré et il a eu la révélation du rodéo, qui lui faisait penser à des peintures de Géricault. Il a aussi aimé les films comiques (Laurel et Hardy) ; en revanche, il n’a pas subi l’influence des villes américaines, où il n’a pas vécu , ni des peintres américains, même si certains « méritent le respect, j’en conviens : John Marin, Milton Avery, et dans le passé Whistler, Mary Cassatt et Catlin »…
Samedi. Queneau a dû lui remettre des photos « qui doivent trouver place dans le texte : un dessin de Bison (dessin original) et une petite photo d’un érable », et il ajoute « un dessin de Centauresse qui fera bien, je crois, dans le corps du texte : il pourrait s’introduire dans tes pages […] comme un peu de nostalgie méditerranéenne »… A propos de l’exposition William Blake annoncée, il se souvient d’un livre de Soupault, qui a « disparu dans le sac de la maison que j’habitais à Lyons la Forêt »…

216 Pierre NAVILLE. L.A.S., Champéry (Suisse) [1923], à Philippe Soupault ; 1 page in-4° à son en-tête. Il lui envoie deux notes dont il s’était chargé pour l’Anthologie : Cocteau et Laforgue. « Vous jugerez si le prince frivole m’a inspiré un topo assez impartial ». À propos du Bon Apôtre de Soupault, dont il vient de terminer la lecture : « Je ne vous cache pas que le titre me paraît curieusement symbolique. Bon Apôtre ? Votre livre demeure alors une énigme pour ceux qui ne voient pas la vie à travers les journaux de modes ou les cotes de la Bourse. Mais enfin je vous félicite : il y a une façon de voir la vie ; vous cherchez un site, un fauteuil. Ah ! c’est fatigant d’être toujours à Dada, et l’on n’a pas toujours 10 ans ! Tant pis, si cela nous vaut des explications, comme la vôtre, sur la triste mousse d’après-guerre »…

217 Ezra POUND. L.S. avec date autographe, 5 octobre, à Philippe Soupault ; demi-page in-4° (trous de classeur). Il n’a pas reçu les exemplaires des Écrits Nouveaux et ne comprend pas « pourquoi on m’offre l’insulte de me payer moins qu’à Rodker ou à Pansaers »…

218 Raymond QUENEAU. L.S., Paris 28 mai 1946, à Philippe Soupault ; 1 page in-4° à en-tête Librairie Gallimard. Sur la traduction de Finnegans Wake, que « Gallimard est tout-à-fait décidé à entreprendre […] Vous pouvez donc commencer à sonder vos collaborateurs possibles ». Il suggère le nom de Stuart Guilbert, et demande le calibrage du livre de Joyce. En tête de la lettre, Soupault a noté qu’il a écrit à Stuart Guilbert.

219 Philippe soupault. Carte postale autographe signée « Philippe », [Argentières
23 décembre 1933], à sa mère à Paris ; au dos d’une carte illustrée (Tremplin olympique de Chamonix), adresse. « Chère maman, un petit mot seulement pour t’embrasser. Je suis si bousculé que j’ai à peine le temps de penser »…
On joint une L.A.S. de son cousin Christian Demanche à Lydie Lachenal, 18 novembre 1990, mise au point sur la maison natale de Philippe Soupault à Chaville (avec reproductions).

220 Philippe SOUPAULT. L.A. (minute, avec ratures et corrections), [1948], à un dessinateur ; 2 pages in-4°, au dos d’un papier à en-tête du Journal of Applied Physics. Au sujet d’un projet d’illustration du livre de Valéry Larbaud Ce vice impuni la lecture.
Pour fêter les soixante dix ans de Larbaud, malade et privé de la parole depuis son attaque et dont « la seule joie est de pouvoir regarder ses livres et surtout les nouvelles éditions de ses anciens ouvrages », il voudrait « faire publier une très belle édition de l’un de ces essais, son essai préféré, intitulé de ce nom charmant : Ce vice impuni la lecture ». Il demande à son correspondant sa collaboration : « Je ne puis penser qu’à vous pour donner à cette édition sa véritable qualité. Je sais qu’on vous sollicite de toutes parts et je m’excuse de venir à mon tour vous importuner. Si je me suis permis de le faire et d’insister c’est que je souhaite très vivement apporter cette grande joie à mon ami Valéry Larbaud et ainsi vous répéter toute mon ancienne et récente admiration pour votre œuvre. » Il a trouvé un éditeur en qui il a toute confiance « parce qu’il aime passionnément son métier, et qu’il n’hésite pas à consacrer tout son temps à la mise au point d’un ouvrage qui le mérite »…

221 Philippe soupault. 78 lettres, pièces ou cartes, la plupart L.A.S., 1969-1989, à Lydie Lachenal et Ken Ritter ; environ 82 pages formats divers, la plupart avec adresse ou enveloppe.
Très cordiale et affectueuse correspondance avec ses fidèles éditeurs et amis. Nous ne pouvons en citer que quelques lettres.
Le premier document est la « carte blanche » du 12 mars 1969 qui devait permettre, dix ans plus tard, la création de la maison d’édition Ritter & Lachenal : « Je, soussigné Philippe Soupault, déclare par la présente que je me fous incommensurablement de mes œuvres littéraires et de leur réédition. Aussi, en bonne logique et en droit, je donne à mon amie Lydie Maria Lachenal carte blanche pour traiter avec tout éditeur qui lui conviendra la publication de toutes les œuvres que j’ai écrites ou que j’aurai pu écrire avant sa mort. Je m’engage à ratifier les conditions qu’elle me fera connaître ; j’accorderai sans délai l’autorisation de publier »… 24 juillet [1972], il hésite à reprendre ses souvenirs : « J’aurais bien besoin de vos critiques si lucides »… 27 juillet 1979, envoi d’une liste de sujets possibles pour Écrits sur la peinture. « Les marchands de tableaux sont comme les généraux toujours en retard d’une guerre »… 7 mars [1980], sur l’édition des Mémoires d’oubli… 16 juin 1980, il poursuit sa lecture de Rimbaud dans la Pléiade : « Je suis à la fois terrifié par l’érudition de M. Adam et inquiet de la difficulté de trouver une solution pour Aden »… 10 juin 1982, il craint d’être un auteur maudit, et énumère les faillites de ses éditeurs : « Alors ? Soyez de + en + prudent »… 27 avril 1983, à propos d’une traduction allemande du Grand Homme… 28 décembre 1982, envoi d’un poème qu’il vient d’écrire et qu’il adresse à Fauchereau… 14 janvier 1983, proposition de titre : Poésies pour les amis enfants « ou d’enfants d’hier et d’aujourd’hui »… 18 septembre 1983 : « Je ne puis qu’admirer votre dynamisme, votre optimisme, votre courage ! Et pourtant je m’inquiète »… 20 janvier 1985 : « Je vous confirme que je ne souhaite pas que soit republié le volume : Poésies pour mes amis les enfants »… &c.
Affectueux souvenirs du « poulain » en vacances en France, Suisse, Allemagne, Italie… Corrections d’épreuves, expositions, souscriptions aux livres, articles à son sujet… Envoi d’une lettre de reproches à l’auteur d’un article, concernant les propos qu’on lui attribue sur Breton… Plus des coupures de presse annotées (notamment sur Dali), qqs lettres ou pièces adressées à Soupault et qu’il transmet à ses amis (courriers d’Oscar Ghez, Michel Leiris, Jack Lang, etc.), des télégrammes, deux chèques de Soupault non encaissés pour la souscription d’un de ses ouvrages… &c.

222 [Philippe SOUPAULT]. 3 L.A.S. et 2 L.S. à lui adressées, 1922-1983. Georges Balandier (l.a.s., 1953, sur la protestation contre la « condamnation infligée à André Breton »), Jacques Baron (carte postale a.s., 1977), Marcel Brion (l.a.s., 1922, réclamant le numéro de juillet des Écrits Nouveaux), Jean d’Ormesson (l.s., 1983, regrettant de n’avoir pu passer le voir quai Voltaire), John Rodker (the Casanova Society, l.s., 1922, au sujet de Maldoror, et article dactyl. joint).
On joint une carte postale a.s. de Nina Kandinsky à Ré Soupault (1.VIII.1980, un mois avant son assassinat, coupure de presse jointe).

223 Ré soupault. 12 L.A.S. ou cartes postales, 1980-1992, à Lydie Lachenal ; 13 pages formats divers, qqs enveloppes et adresses. 6 août 1980 : « Mme Kandinsky a déjà répondu favorablement à la demande de reproduction »… Dimanche [janvier 1981], condoléances. 20 juillet 1982 : « Philippe a attrapé à Heidelberg une laryngite (?) – et il ne peut pas s’en débarrasser. […] Tous les médicaments (gouttes et pilules) ont été essayés – en vain » [c’était en fait un cancer de la gorge]. 15 novembre 1983, appréciation pour l’édition des Poésies pour mes amis les enfants… 1er décembre 1984, après une émission … 26 août 1987 : « Philippe me charge de vous envoyer les textes ci-joints concernant le manuscrit des Champs magnétiques. Cette rectification est très importante »… 12 mars 1992, remerciements pour le livre Le Roi de la vie : « Ce n’est pas seulement le 2e anniversaire de la mort de mon cher Philippe, mais également le 50e anniversaire de son arrestation à Tunis »…
On joint un billet autographe de Ré à Soupault, signé d’un cœur, avec note autographe de Philippe Soupault : « Je pense à toi ! » ; et deux pièces jointes.

224* Emmanuel BERL. 4 L.A.S., [vers 1927-1953], à Suzanne Muzard ; 20 pages in-4°. Belle correspondance. « Je pense que personne n’est aussi fondamentalement bonne, pure, & désintéressée que toi. Tes admirables qualités te viennent de toi. Tes défauts t’ont été donnés par la vie : misère de l’enfance, déceptions de l’adolescence, difficultés & luttes de la maturité. […] ton goût de l’Absolu est ce qui, en toi m’attire le plus. Il était chez maman. […] Je souhaite un enfant de toi, non pour te retenir – mais pour t’accomplir. Et moi-même »… – « S’il est un de mes actes que je ne regrette pas, c’est mon mariage avec Suzanne Muzard. – Sans lui tout m’aurait été plus pénible – & le serait plus, dans mon souvenir. J’ai été seulement malheureux & humilié que le mariage n’ait pu dissiper ton amertume & te donner la paix. Aussi, je sais beaucoup de gré à celui qui te l’a procurée […]. Il me semble que cette paix, conquise avec tant de peine, est assez solide pour résister – même à la perte de l’être auquel tu la devais »… – « J’éprouve moi aussi un besoin très vif de t’écrire. Je crois que je le ferais même si tu ne devais pas lire ma lettre. Mais je voudrais que tu mesures le bien que m’a fait la tienne »… Il analyse les sentiments que Suzanne lui avait portés : haine « postiche » ? haine véritable ? Rancune de son côté à lui… Elle s’est trompée en prenant son désespoir pour un reniement… – Il se réjouit d’apprendre son mariage. Elle n’est pas très juste à l’égard de Colette : « Je l’admirais beaucoup, à preuve la peine que j’ai prise pour lui faire développer Duo et la Chatte. Elle a été pour moi une bonne amie. […] Cocteau m’avait déconcerté pendant & après la guerre, par sa “conversion” à Montparnasse puis à Maritain. Il est exact qu’Aragon le vitupérait »… Il évoque à nouveau Colette et Renée Hamon, puis le passé commun, et son propre roman Sylvia…

225* Jacques cordonnier. 5 L.A.S. « Jacques » et 1 L.A. à Suzanne Muzard, Neuilly [vers 1935 ?] ; 26 pages et demie in-8°. Vendredi. Elle a beaucoup à faire pour guérir son moral et arriver à la période de convalescence… Mardi 19 h. « Si nous le voulons, si nous savons le vouloir bien, des jours heureux nous attendent où je pourrai m’enivrer de toi à mon aise, loin du cancan de la civilisation tout au moins par l’esprit »… Mardi soir. Il s’ennuie d’elle à mourir : « j’ai l’impression d’être complètement abandonné »… Mercredi. « Je suis triste de te sentir si peu sûre de toi, de moi de l’existence. Et ma situation m’empêche de te dire alors ce qu’il faudrait pour te remonter »… Il faut réfléchir : « je ne puis pas tout ce qu’il faudrait pour que la nouvelle existence que tu envisages s’approche de la perfection »… Lundi 11 h. Il a reçu au retour de Mégève sa lettre écrite avant et après le réveillon, et la photo lui a fait plaisir. Il pense à ce que pourrait être leur vie « s’il était possible de l’organiser comme je le voudrais ! »… Lundi 18 h. Il s’inquiète pour ses chevilles foulées et rumine des projets pour eux… « Cet amour commencé au ralenti me paraît bien solide. Il supportera que nous nous appuyons l’un et l’autre sur lui »…

226* Louis ARAGON. L.A.S., Paris 23 novembre [1971], à Suzanne Cordonnier-Muzard ; et 2 L.A.S. (minutes) de Suzanne Muzard à Aragon, novembre 1971 ; 2 pages in-4° chaque.
Importante mise au point à propos de la liaison de Suzanne Muzard et André Breton, à la suite d’un article de France-Soir citant Aragon.
[20 novembre]. Suzanne Muzard proteste : « Je ne pense pas que mon ex-mari admettra comme exact que je lui soutirais fourrures et bijoux, pour selon vos propres termes, m’empresser de les vendre afin de renflouer le père du Surréalisme à une époque où vous étiez le meilleur ami d’AB. […] Je cherche aujourd’hui à comprendre les raisons de vos insinuations malveillantes, et pourquoi il vous plaît que dans une période sentimentale de sa vie AB soit classé comme ayant vécu aux crochets d’une femme »…
23 novembre. Aragon se défend d’avoir donné aucune interview à France-Soir : « Il n’y a eu aucune insinuation malveillante de ma part. On fait dire dans la presse de nos jours n’importe quoi à n’importe qui. […] Je vous ferai encore remarquer, non seulement que le vocabulaire employé n’est pas le mien, je n’ai jamais employé le mot dèche pour signifier les difficultés matérielles de la vie, mais que d’autre part, quelles qu’aient pu être alors les difficultés d’André dans ce domaine (difficultés dont je n’ai jamais eu connaissance ou conscience), elles n’étaient en rien comparables à ce qui se passait dans ma vie. Je ne vois aucune raison dans tout cela, et il faut tout de même que je vous dise que, malgré la rupture entre nous plus tard (et cela a été le grand drame de ma vie) je n’ai jamais cessé d’aimer et d’admirer André, je n’ai jamais écrit quoi que ce soit contre lui, même quand il s’associait à des textes dirigés contre moi »… Cependant à l’occasion de plusieurs biographies récentes, il a exprimé son indignation « qu’on vous ait supprimée purement et simplement de sa vie, qu’aucune mention ne se trouve où que ce soit de la seule femme qu’il ait à ma connaissance véritablement aimée »… Il s’est exprimé aussi sur ce que Breton pensait et disait d’elle « dans cette sombre période de sa vie après votre dernier départ, où Éluard et moi craignions qu’il ne se tue, à cause de votre absence – j’ai dit à qui a voulu l’entendre que c’était une honte de barrer de son existence la femme pour qui, elle partie, il a écrit le plus beau poème de sa vie, L’Union libre »… Et de raconter la conversation qu’Éluard et lui eurent avec Breton, dans les premiers jours de 1932, après la publication du poème sans nom d’auteur…
24 novembre. Réponse de Suzanne Muzard : « vous restez l’unique témoin d’une passion jadis orageuse – qui dès le début était condamnée par son gâchis – à ne pas survivre. Je ne renie pas d’avoir aimé André. Et, je crois puisque vous me l’affirmez, avoir compté dans sa vie… beaucoup trop. J’ai toujours ignoré qu’il avait pensé à se tuer. […] que l’entourage de A. m’ait jugée néfaste ne me semble pas excessif. Pourtant j’avais des circonstances atténuantes ! Je n’étais qu’un pion entre deux hommes dont j’étais l’enjeu… Je n’ai jamais pensé faire état, des preuves qu’André a signifié en imprimé ou en privé – dans la fin de Nadja »… Quant à L’Union libre, le poème fut écrit en sa présence et seulement diffusé plus tard : « AB avait sans doute renoncé à m’en honorer ! Mais ce que vous ne savez pas est : que le titre L’Union l.. était un défi contre le mariage et EB »… Elle est touchée qu’Aragon veuille la faire sortir de l’ombre, à 71 ans ! « J’ai pu constater que l’amour n’est pas toujours exclusif mais plutôt renouvelable. AB et moi avons refait surface – ailleurs – séparément. J’ai pendant 25 ans vécu d’un sentiment dont j’ai pu mesurer la réelle importance »…

227* André THIRION. L.A.S., Paris 24 avril 1972, à Suzanne Cordonnier-Muzard ; plus minutes autographes d’une réponse à Thirion et d’une lettre à Lise Deharme, plus copie dactylographiée et corrigée, par Suzanne Cordonnier ; 2 pages et demie in-4°, avec au dos brouillon de réponse, 2 et 2 pages in-4° (qqs légers défauts).
Curieux témoignage sur la liaison de Suzanne avec André Breton.
Thirion évoque « les deux Suzanne ». Il possède encore les lettres qu’il a écrites à Katia peu après avoir appris ce que chaque Suzanne voulait lui dire d’elle-même ou de l’autre, trop heureux alors de recevoir des confidences de créatures aussi éblouissantes. « Vous n’avez pas connu Maurice Thorez […] S’il en est ainsi, quel exemple extraordinaire du pouvoir accordé aux femmes de changer le destin des hommes avec l’ombre de rien ! Le propos que je vous impute m’a été rapporté par Breton, à peu près dans les termes que j’emploie. Il était si grave, il modifiait à tel point les données du problème que nous tentions alors de résoudre que nous en avons longuement discuté. Nous avons même admis – Breton excepté – que vous aviez pu mentir. […] J’ai voulu avertir Maurice Thorez de ce que je considérais comme un propos calomnieux. On me fit grief de la calomnie et je fus exclus du Parti Communiste ! »… Il a gardé le souvenir d’un froid passager entre Breton et Lise Deharme parce que celle-ci avait accueilli Suzanne à Saint-Brice : « Breton y voyait un mauvais procédé à son égard. […] En 1931, Lise était sans doute un peu jalouse de vous, ce qui était un bon motif pour vous recevoir dans les circonstances où vous vous trouviez. […] Ceux qui vous ont connue ne peuvent que vous évoquer sous la forme d’un fort joli diable auquel j’ai trouvé, moi aussi, du génie »…
Brouillon de la réponse de Suzanne, remaniée et mise au net dans la copie séparée. « Question Thorez. Il est probable que AB se soit servi de moi pour vous être désagréable »… Elle n’est pas offusquée par ses souvenirs, mais a été outrée par l’article de France Soir, où AB était le sujet d’une basse calomnie. « Je me recherche dans le passé – par vous et Aragon aussi truquée aussi falsifiée qu’une héroïne de Pierre Benoît »… Elle avait une conception particulière de l’amour : « Je le voulais absolu, viable et durable »… – Suit la copie de sa lettre à Lise Deharme : « Que nous ayons été jadis, à titre différent, deux fulgurantes égéries, cela ne fait aucun doute ; […] que vous étiez surtout l’amie de AB mais pas la mienne c’est exact »…
Mise au point sur André Breton. « En 1937 j’ai détruit lettres et dédicaces. Je n’ai pas voulu garder les traces d’un amour défunt […] Le personnage était un homme exceptionnel qui suscitait une admiration sans réserve. En amitié il était d’une exigence intransigeante et, qui n’était pas avec lui, était exclu. Il aimait provoquer le scandale, et le surréalisme en son époque tumultueuse, ne s’en est pas privé »… Suivent des observations sur ses goûts, ses enthousiasmes, sa volonté de « rester fidèle, en lui-même, à sa propre création », ses amis et ses femmes. « En ce qui me concerne, j’ai toujours considéré A.B. comme étant un fervent de l’absolu »…
On joint une L.A.S. (brouillon) de S. Cordonnier à Noël Nel à propos de Breton et de L’Union libre, [janvier 1973], et 3 L.A.S. de N. Nel à S. Cordonnier, janvier-février 1973 (7 p. in-4°).

228* Marcel JEAN. Tapuscrit (photocopié) par Jacques Prévert, Eaux fortes, sous enveloppe autographe signée de Marcel Jean à l’adresse de Suzanne Cordonnier, [Paris 17 juin 1972] ; 9 pages in-4°. Portrait de Marcel Jean par Prévert. « Dans la salle des Pas Perdus, ceux d’André Breton sont restés et le temps, ce qu’on appelle et interpelle le temps, n’a rien à voir ni à entendre là-dehors ou là-dedans. Marcel Jean est surréaliste, peu importe ou exporte depuis quand »…
On joint 2 catalogues d’exposition : Marcel Jean (Obelisk Gallery, Londres 1972) avec annotations autographes de Marcel Jean ; Marcel Jean, Peintures sculptures 1972 avec dédicace a.s. de Marcel Jean à Suzanne Cordonnier. Plus un prospectus pour André Breton à Venise, avec billet a.s. d’Alain-Pierre Pillet.

229* Suzanne MUZARD. Tapuscrit avec corrections autographes, [1974] ; 3 p. et quart in-4°.
Témoignage sur sa liaison avec André Breton.
« Ma marche à reculons, pour remémorer mon passage dans le surréalisme des années 27/32, risque de ne pas être concluante. Il m’est difficile de prétendre d’y avoir connu A.B. tel qu’il était […] Je me réfère seulement au fait d’avoir été incorporée au groupe surréaliste, à la faveur d’une passion sentimentale qui devait bouleverser ma vie pendant cinq ans… et qui n’est pas parvenu à m’unir à A.B. dans la durée des temps pour le pire et le meilleur »… Elle a été une déception, parce qu’inadaptable à ce que A.B. voulait qu’elle soit. « Aussi, je ne revendique pas ce qui me concerne dans la fin de Nadja. Ce texte a été dicté dans l’élan d’une passion irréfléchie, aussi poétique que délirante, plutôt à l’honneur de A.B. qu’au mien. D’autre part, qu’Aragon prétende que j’ai été la seule femme qui ait réellement compté dans la vie de A.B. […] me semble par trop excessif »… Du reste, les habitudes de A.B. dans le privé rompaient le charme des hommages qu’il lui rendait en public : « Notre liaison n’a vécu que dans les soubresauts des révoltes et des réconciliations, et n’essayait de survivre que pour sauver ce que nous en avions espéré. Cela a duré le temps nécessaire de consumer l’amour à petit feu »… A.B. attachait autant d’importance à une fleur des champs qu’à une orchidée de serre, « exactement comme pour les femmes, entre Nadja, cette curieuse naufragée qui vivait d’imprévus dans un hôtel sordide, et Lise Deharme qui situait son élégante vie dans un décor fastueux… deux femmes opposées qu’A.B. cadrait dans une figuration plus surréaliste que concrètement vivable. C’est après elles que je suis intervenue dans la vie de A.B. Étonnée par lui et (parce qu’il le voulait ainsi) étonnante pour lui »… Elle évoque les efforts d’A.B. pour imposer le surréalisme, son travail de « dissection poétique », la « paresse fondamentale » qui l’envoyait à la Maison de verre… « Baptisé le “pape” du surréalisme, il en acceptait le titre avec une présomption amusée, mais en y ajoutant une ostensible et autocrate intransigeance qui l’aidait surtout à dissimuler une certaine bonté, refoulée comme une tare affligeante […]. La pose de son autorité enlevait à ses meilleurs amis le droit d’avoir une opinion divergente de la sienne. Et il y eut beaucoup de brouilles et d’expulsions dans le surréalisme »…
On joint le tapuscrit du « texte dans Nadja » avec note autogr. ; et une L.S. de Marcel Jean, 3 juillet 1974, la félicitant sur le texte et suggérant quelques modifications grammaticales et syntaxiques.

230* Suzanne MUZARD. L.A.S. (initiales), 8 novembre 1984 ; 2 pages in-4°. à un « Monsieur pour moi sans visage ! » : « Vous me faites reculer au temps de la parution du Con d’Irène d’Aragon et de “l’Enquête sur l’amour dans la Révolution surréaliste”. à cette époque j’étais passionnément éprise de AB – poétiquement aussi, de façon pas trop éthérée, mais passablement intéressée par une érotomanie littéraire »…
On joint une L.A.S. de Clara Malraux à Suzanne Muzard, 10 novembre [1976 ?], lettre très hostile et agressive à propos d’Emmanuel Berl (1 p.et demie in-4°) ; plus un billet autographe de Suzanne Muzard à la rédaction de L’Express.

231 Philippe Soupault. Eux. Poème autographe, [1923] ; 1 page in-4° au dos d’une feuille à en-tête des Éditions des Cahiers libres (marque au crayon).
Poème de 25 vers, qui semble être inédit.
« Ils tournent dans un cercle où tournent les hannetons / Je les vois murmurer et pâlir sous l’effort / Ils crient / et j’écoute le vent / Au-dessus d’eux comme d’un sommet »…

232 Philippe Soupault. Manuscrit autographe, [vers 1925] ; 6 pages in-4° avec ratures et corrections, dont 2 au dos de feuilles à en-tête du Café Suisse, Dieppe. Intéressant texte inédit sur la modernité. « Pour expliquer un certain état d’esprit il était d’usage en 1820 et dans les années qui suivirent de parler d’un certain mal du siècle. Mais les mots trahissent. Le mal du siècle était indéfinissable. On ne faisai Tiré à 556 exemplaires, celui-ci (n° 145), un des 540 sur vélin simili-cuve.
JOINT : Le Destin change de chevaux. Mortemart, Rougerie, 1980. In-8° broché.
Ensemble deux volumes.

233 Philippe Soupault. Isidore Ducasse, comte de Lautréamont. Manuscrit autographe, [1926] ; 36 pages in-4° ou in-8°. Célèbre hommage à Lautréamont, paru dans la Revue Européenne, n° 39, du 1er mai 1926, et repris dans Littérature et le reste 1919-1931 (Gallimard, « Les Cahiers de la nrf », 2006). Écrit sur le recto des feuillets, le manuscrit présente des corrections, des additions sur béquets et 3 coupures d’une épreuve de « Mon cher ami Ducasse », article paru l’année précédente dans Le Disque vert.
« Je parle d’abord pour ceux qui peuvent l’aimer. Il y a des soirs d’oubli, des soirs de lassitude, des soirs de médiocrité où tout paraît mesquin, petit, inutile où les objets sont ridicules, les meubles ennuyeux, les livres illisibles, où le paysage qu’encadre les rideaux est décidement insupportable, où l’air est irrespirable. Mais il y a aussi des soirs de génie, des soirs où tout est illuminé. […] Tout à coup la tête lourde on se sent couler. Il faut réagir pour conserver la minute de génie, le diamant froid qui étincelle mais dont les feux vont mourir. On cherche dans sa mémoire une branche pour s’accrocher, un nom qu’il faut prononcer parce que l’on est trop faible et qu’il faut une aide extérieure. Le nom que je prononce c’est Lautréamont, celui que j’appelle de toutes mes forces lorsque je sens que le grand vaisseau pavoisé, le navire d’illusions et de prières va sombrer c’est Isidore Ducasse. Son ombre s’étend comme deux bras qui s’ouvrent, comme la lumière d’un phare. Elle grandit et tout ce que l’on connaissait disparaît lentement dans un nuage d’oubli dans une vague d’ingratitude. Les visages aimés, les années de tendresses ne pèsent plus dans les mains invisibles mais présentes de l’ombre du poète. Avec le courage des vainqueurs on accepte cette présence, ce triomphe d’un mot, de syllabes qui claquent comme un drapeau, Ducasse » […] « La lutte sera chaude. Ce n’est pas à moi, ni à personne (Entendez-vous, messieurs ? qui sont mes témoins ? de juger M. le Comte. On ne juge pas M. de Lautréamont. On le reconnaît au passage et on salue jusqu’à terre. Je donne ma vie à celui ou à celle qui me le fera oublier à jamais. »
Exposition Soupault BnF (1997) ; reprod. dans Portrait(s) de Philippe Soupault (couverture).

234 Philippe Soupault. Valery Larbaud. Manuscrit autographe, [1926 ?] ; 1 page et demie in-4° avec qqs ratures et corrections.
Beau texte sur Valery Larbaud, pour l’Anthologie de la nouvelle prose française, établie et publiée en collaboration avec Léon Pierre-Quint et Nino Frank (Le Sagittaire/Simon Kra, coll. « Documents », 1926). « Si l’on voulait qualifier Larbaud, il faudrait trouver un mot qui soit synonyme de modestie et de douceur. Larbaud le doux, le modeste est un poète. […] Il a apporté à la poésie moderne un regard direct et puissant, un dépaysement nécessaire et la joie de la vitesse »…

235 Philippe Soupault. [Un douanier contre les snobs]. Manuscrit autographe signé, [1946]. Plus un manuscrit en partie autographe, Henri Rousseau, le Douanier, [1979] ; 6 pages et quart in-4°, et 5 pages in-fol.
Sur le Douanier Rousseau.
Le premier article fut écrit à l’occasion d’une exposition à la galerie Charpentier consacrée à l’École de Paris depuis Henri Rousseau, et parut dans Les Lettres françaises (n° 118), le 26 juillet 1946. « Pour celui qui a si durement travaillé, pour celui dont on s’est si méchamment et si injustement moqué pendant toute sa vie, la destinée fut cruelle […]. Peut-être n’est-il pas malgré tout trop tard pour réparer cette injustice »… Soupault s’attache à libérer ce « pionnier de la peinture » de l’étiquette de « primitif », et à défaire quelques idées reçues tenaces qui talonnent sa mémoire…
Le second texte est élaboré à partir d’une photocopie d’un article paru dans La Revue du XXe siècle en 1962 (repris dans Profils perdus, 1963), collée sur de grands feuillets ; Soupault y apporte au feutre violet dans les marges d’importantes modifications et additions en vue du recueil Écrits sur la peinture (Lachenal & Ritter, 1980). Il rédige notamment une nouvelle conclusion, pour signaler La Vérité sur le douanier Rousseau d’Henry Certigny : « Cet érudit a retrouvé tous les documents sur la vie du peintre et recueilli, en les commentant, les témoignages de ceux qui l’avaient connu plus ou moins bien et qui l’avaient jugé plus ou moins mal. On peut douter que les propriétaires des toiles de Rousseau songent à lire ce livre vengeur ».

236 Philippe Soupault. Découverte d’un monde. Manuscrit autographe, [1946] ;
25 pages in-4° et titre autographe. Réflexions sur la lente intégration des découvertes de l’esprit. « Combien faudra-t’il de temps pour que nos contemporains (je pense à la fois à la majorité et à la masse) s’aperçoivent que certains hommes ont découvert un nouveau monde. La plupart des gens ignorent encore, je ne l’oublie pas, les grandes découvertes de la science et leurs conséquences plus ou moins lointaines. Ils finiront bien un jour par s’en apercevoir de gré ou de force. Vous parlez d’atomes ou de pénicilline comme s’il s’agissait de la pluie et du beau temps »… Cependant nous sommes attachés à ce qu’on appelle le patrimoine de l’humanité, ou le savoir, au point d’en faire une fausse religion, et cela même après une guerre qui aurait dû nous apprendre que l’esprit n’est pas infaillible… Soupault rend hommage à quelques génies qui ont lutté contre des tyrannies, qui ont aperçu et apporté des changements dans l’atmosphère intellectuelle : Lautréamont, Baudelaire, Rimbaud, faisant en passant quelques remarques critiques concernant Mallarmé, Laforgue, Jarry… « Si, enfin, on commence à distinguer les couleurs de l’aurore, on s’aperçoit bien grâce à cette lumière encore trop rose de l’étendue du désastre, qui s’appelle pour quelques temps équivoque. Cette puissance, la poésie, est engagée. Un nouveau brouillard, moins étouffant mais peut-être aussi dangereux, aussi égarant, règne autour des terres jadis reconnues »… &c.

237 Philippe Soupault. « Il n’est pas facile d’être libre »… Manuscrit autographe, [vers 1946] ; 1 page et quart in-8° avec corrections. « Il n’est pas facile d’être libre. Surtout quand on aime la liberté. Il est simple de réclamer la liberté, de l’exiger et même peut-être de mourir pour elle. Mais la connaître ? J’aime la liberté passionnément. Je veux être libre. J’ai souffert toute ma vie pour pouvoir être libre. J’ai fait souffrir pour pouvoir être libre. Je crois que quelqu’un que j’aimais est mort parce que je voulais être libre. […] Mais j’ai senti que je n’étais pas vraiment libre. Je le sais mieux encore depuis que j’ai été prisonnier, depuis que j’ai connu la captivité. […] J’ai entendu le bruit des clefs, le grincement des serrures qui annonce l’angoisse. J’ai secoué désespérément la porte qui me séparait du monde. Et quand on m’a relâché je me suis rendu compte que je n’étais pas vraiment libre. La plupart des hommes et des femmes aime[nt] la servitude »… Il en a rencontré peu qui sacrifiaient tout pour être libres : « Ils m’ont enseigné à ne rien posséder, à ne m’attacher à rien »…
Ce texte semble être inédit.

238 Philippe Soupault. [Le Roi de la vie et vingt autres nouvelles]. 5 manuscrits autographes (un signé), et 2 tapuscrits avec additions ou corrections autographes, de contes, [vers 1946-1965] ; env. 40 pages formats divers. Sept contes recueillis comme des inédits dans Le Roi de la vie et vingt autres nouvelles, volume publié le 12 mars 1992 pour le deuxième anniversaire de la mort du poète, chez Lachenal & Ritter.
Manuscrits autographes des contes et récits (les titres ont été portés postérieurement au crayon), tous publiés dans l’édition de 1992 : Affiches (4 p. in-8° sur papier rose), L’Hypnotiseur (achevé 5 p. in-8°), Les Musiciens (3 p. in-4°), Novembre (vers 1947, 2 p. in-4° sur papier du Journal of Applied Physics de Pittsburgh University, auquel collaborait son frère le médecin Robert Soupault), et Celle que vous croyez (vers 1965, 3 p. in-4°).
Le Silence de la nuit [1946-1947] est en grande partie autographe : le tapuscrit original est abondamment corrigé et augmenté de quatre pages autographes (10 p. in-4°).
Enfin, le tapuscrit d’Une expérience onirique est signé au crayon (14 p. in-4°), et présente d’infimes corrections.

239 Philippe Soupault. 2 manuscrits autographes, [vers 1946 ?] ; 12 pages et demie in-8° avec ratures et corrections, au dos de feuillets à en-tête de l’UNESCO.
« Parmi les maladies les plus honteuses de notre époque, il serait juste d’en dénoncer surtout deux : la passion morbide de nos contemporains pour le roman dit policier d’une part et la fascination pour la télévision d’autre part. Ces deux affections sont graves car elles provoquent toujours chez les patients un abrutissement qui risque de devenir définitif »…
« Parmi tous les phénomènes de l’après-guerre un des plus intéressants, mais dont on n’a pas encore mesuré l’amplitude, est le développement gigantesque, le mot n’est pas trop fort, de la presse destinée aux femmes et rédigée par des femmes »…

240 Philippe Soupault. Manuscrit autographe, [1947] ; 4 pages in-4° avec ratures et corrections. Bel article sur l’édition clandestine sous l’Occupation, peut-être destiné aux Lettres françaises, à propos de la Bibliographie des éditions françaises clandestines imprimées dans les Pays-Bas pendant l’Occupation allemande 1940-1945 par Dirk De Jong, (La Haye et Paris, A.A.M. Stols, 1947).
« Ni le temps, rongeur infatigable, ni les menaces, ni la mort qui vous guette, aussi tenace que l’ombre, ni la souffrance, incendie qu’on ne peut vaincre, n’ont pu vaincre l’esprit. Nul de ceux qui ont subi l’époque la plus désespérante de l’histoire de l’humanité, ne doivent l’oublier. Il faut le répéter, il importe de l’apprendre à ceux qui dans l’avenir entendront parler des années atroces sans les avoir vécues. […] Tout était-il perdu ? Tout semblait perdu. Le silence s’étendait comme un ciel de plomb sur les terres sanglantes »… Il se souvient, « comme d’une merveilleuse aurore », de l’apparition des publications clandestines, « signaux de la délivrance », « symboles de la liberté »…
Il souligne le courage de ceux qui les produisirent, dans cette vaste prison que fut l’Europe dominée par les nazis. « Ainsi, alors que le silence et la nuit, alors que les nuages gonflés de sang, alors que l’épais brouillard de la souffrance couvraient la Hollande et l’isolaient du reste du monde quelques hommes dont on n’oubliera jamais les noms soutenaient l’honneur d’une corporation, exaltaient l’art, la fidélité, le courage et exigèrent que la plus pure flamme de l’esprit, mêlée à celles de la foi et de l’espérance, ne cesse pas de s’élever »…

241 Philippe Soupault. 3 manuscrits autographes de voyages, [vers 1948-1953] ;
12 pages et demie in-4° avec ratures et corrections, le premier au dos de feuillets à en-tête du Journal of Applied Physics. [Istanboul, 1948 ?]. « J’eus la chance de voir peu avant l’arrivée s’écarter les nuées et je pus du haut du ciel contempler ce paysage où fut construit Byzance […]. Il m’était, de ces coup d’œil, aisé de comprendre que ce carrefour marin, cette porte entre deux mers et deux continents devait nécessairement dicter aux hommes la construction d’une métropole »… Etc.
[Gibraltar, 1953 ?]. « Vu de la mer ou vu du ciel le rocher de Gibraltar fait penser à un gigantesque poing fermé. Ce que la Grande Bretagne a voulu affirmer en s’incrustant depuis 1704 à la pointe de l’extrême occident européen c’est qu’elle entendait jouer un rôle en Méditerranée »…
Méditerranée 1953. XII. Espagne : le plus irritant des problèmes. « Un brouillard politique entoure l’Espagne depuis plus de dix ans. On connaît quelques-unes des raisons de cette situation équivoque, on en soupçonne quelques autres mais, à vrai dire, on ignore généralement pourquoi cette situation se prolonge. Les démocraties peuvent-elles “reconnaître” officiellement un état dictatorial imité de ceux qu’elles ont combattus et vaincus, et oublier les conditions dans lesquelles le général Franco a imposé et maintenu son régime ? Les dirigeants espagnols eux ne l’oublient pas mais ils se souviennent aussi des promesses qui leur furent faites pendant la guerre par les États-Unis et la Grande Bretagne au moment où ils craignaient que Franco n’acceptât les propositions de son collègue et ami Hitler »…

242 Philippe Soupault. 2 manuscrits autographes, [vers 1950-1952 ?] ; 3 pages et demie in-4° (au dos d’un tapuscrit dramatique) et 5 pages in-8°, avec ratures et corrections. « On ne peut qu’admirer la patience, l’attention et l’application de ces hommes qui ont la passion de s’arrêter très longuement devant les boutiques, toutes les boutiques. Ces hommes et ces femmes qui, selon l’expression consacrée, “lèchent” les vitrines […] sont des êtres charmants quand on ne se promène pas avec eux »…
« Bien que l’on n’ose plus, comme jadis, reprocher aux femmes de prendre grand soin de leur apparence et d’y consacrer une part de leur activité, on entend trop encore souvent reprocher aux femmes leur “coquetterie”, un mot qui a gardé un sens péjoratif. Celui qui comme moi a beaucoup voyagé peut cependant témoigner qu’un des prestiges les plus certains des femmes européennes est ce que j’appellerais volontiers leur tenue »…
On joint le manuscrit autographe du début d’un article sur Simone de Beauvoir, suivi du tapuscrit complet (1 et 4 p. in-4°).

243 Philippe Soupault. Rencontres insolites. Trois manuscrits autographes, [1951] ;
15 pages in-4° ou in-8° avec ratures et corrections.
Manet au Cameroun (publié dans Le Journal de Genève, 19 août 1951). Sur sa découverte dans une exposition de peinture, au milieu de « navets refusés par les amateurs les plus myopes d’Europe », d’un petit tableau de Manet. « Cela me parut inquiétant et réconfortant comme un miracle. C’était comme une étoile dans un ciel d’encre ». La toile avait peu de succès auprès des « coloniaux dits européens », mais beaucoup auprès des Africains, ce qui suscite des réflexions sur la sensibilité des êtres vierges de toute éducation esthétique traditionnelle…
J.S. Bach sous l’équateur (au dos de papier de l’Hôtel Angola à Luanda). Relation d’une visite de deux jours à Lambaréné, au Gabon, chez Albert Schweitzer, médecin missionnaire, musicologue et organiste virtuose ; vision frappante « d’un Européen au milieu d’une nature hostile inquiétante comme un cauchemar, seul, à plusieurs milliers de kilomètres de la civilisation, entouré d’africains pour qui la musique telle que nous l’aimons n’est qu’une bamboula, jouant du “piano à pédalier d’orgue” pendant les heures éternellement chaudes de l’Équateur »…
Un disciple noir d’Edmond Jaloux. Récit d’un entretien avec un instituteur africain qui souhaitait lui parler parce que Soupault avait connu Edmond Jaloux : « Pancrace pendant toute une soirée me fit admirer les romans annotés par lui »… Il a même rédigé un manuscrit autobiographique, insérant « des phrases entières de son auteur favori »…

244 Philippe Soupault. [Paul Éluard]. Manuscrit autographe (fragment), [novembre 1952] ; 2 pages et demie in-4° paginées 5 à 7 (petites déchirures au dernier feuillet). Adieu à Paul Éluard (mort le 18 novembre 1952, faire-part des obsèques joint) : « Il s’imaginait, de très bonne foi, que le poème était la conséquence d’une volonté bien définie, […] et il prétendait que le poème ainsi conçu était supérieur au rêve. Ce n’est pas le jour, je le sais bien de lui faire des reproches. Mais je me sens incapable, comme on vous le demande lorsqu’un de vos amis meurt, de prononcer une oraison funèbre. Je cherche quel plaisir je pourrais lui faire en ce jour où il a barre sur moi » ; comme il aimait « avec entêtement » l’orgue de barbarie entendu dans son enfance à Paris, c’est ainsi qu’on lui dira adieu… Soupault reprend : « Et puisqu’un grand poète de plus vient de disparaître je voudrais le saluer par une poésie qui est, cruellement de circonstance. En 1922 – il y a trente ans j’avais écrit une épitaphe. Je doute que ces héritiers la fassent graver sur sa tombe. Mais je vais la réciter puisqu’elle lui avait plu. Épitaphe »…
On joint une photocopie avec corrections autographes du manuscrit de Soupault du poème écrit lors de la mort d’Aragon, … Et le reste (22 déc. 1982, c’est le dernier poème de Soupault).

245 Philippe Soupault. Les Peintres mexicains. Manuscrit autographe, [1952] ; 9 p. in-4°. Manuscrit complet d’une étude publiée en 1952 dans la Revue du XXe siècle, et recueillie dans Écrits sur la peinture (Lachenal & Ritter, 1980). Soupault présente aux lecteurs six artistes : José Guadalupe Posada, José Orozco, Dego Rivera, Rudino Tamayo, Alfaro Siqueiros et José Luis Cuevas. « Encore trop peu connus en Europe, les peintres mexicains du XXe siècle, ceux qui représentent avec éclat ce qu’on appelle dans le Nouveau Monde l’École mexicaine, admettent et même proclament que l’artiste qui fut le précurseur de la peinture dont nous admirons actuellement l’explosion fut un graveur “populaire”, Posada qui vendait lui-même dans les rues de Mexico ses œuvres, des images (au sens des images d’Épinal). Cet artiste génial gravait sur bois à l’aide d’un couteau des scènes que nous appellerions aujourd’hui, au siècle de la photographie et du cinéma, des actualités : crimes, catastrophes, procès, qui passionnaient l’opinion publique, et dont l’atmosphère rappelle celle des complaintes »…

246 Philippe Soupault. [René Crevel]. Manuscrit autographe, [1954] ; 14 pages in-8° avec ratures et corrections, au dos de feuillets à en-tête de l’UNESCO. Bel hommage à René Crevel, publié dans un numéro spécial d’hommage de la revue Temps mêlés (octobre 1954), et recueilli dans Profils perdus (Mercure de France, 1962).
Soupault compare Crevel à un arbre agité par le vent : « René Crevel était un être frémissant. Il frémissait de la tête au pied et je dois ajouter douloureusement. Ce frémissement, quelque soit le vent ou la tempête qui en fut la cause, je savais bien qu’il était permanent, que Crevel ne pouvait pas s’empêcher de frémir. Il était né révolté comme d’autres naissent avec des yeux bleus. […] C’était un insurgé. Mais comme il était amiable, bon et toujours “anxieux” de faire plaisir il était contradictoire. Il acceptait de fréquenter des gens impossibles et notamment des snobs imbuvables »… Cependant il était loyal, et capable de lutter : en témoigne l’accueil qu’il fit aux Champs magnétiques… Il était authentique, et susceptible de souffrir ; son fameux charme était complexe. Cet « être exceptionnel » publiait des livres qu’il oubliait, tels « des bouteilles jetées à la mer »… « Il découvrit d’ailleurs, grâce au surréalisme, un domaine dont il parcourut seul de grands espaces. Il n’eut pas le temps de poursuivre ces explorations mais je suis certain que c’est de cette activité dont il aurait aimé qu’on se souvienne d’abord »…

247 Philippe Soupault. [Célébrité d’un sot]. Manuscrit autographe, [1955] ; 9 pages
in-8° avec ratures et corrections, au dos de feuillets à en-tête de l’UNESCO. Cet article sur la traduction française de la Vie de Samuel Johnson de James Boswell (Gallimard, 1954) a été publié dans Le Journal de Genève (28 novembre 1955).
« Ceux qui avaient lu cette biographie dans le texte original avaient déjà été frappés par la figure singulière de Samuel Johnson et se demandait si sa gloire n’était pas la conséquence d’un malentendu. Mais, craignant de ne pas saisir toutes les nuances des conversations du Docteur et de son biographe, ils se gardaient de porter un jugement et s’étonnaient seulement qu’on puisse admirer avec tant de ferveur ce discoureur impétueux et intarissable ». L’excellente traduction de J.-P. Le Hoc rend plus net le langage et plus clair le génie du héros. Soupault reconnaît l’extravagance de ce personnage qui abusa de la mode dont il jouissait pour décocher des rosseries à Goldsmith, Fielding, Garrick et d’autres ; Paul Léautaud lui ressemble… Il eut la gloire d’un enterrement à l’abbaye de Westminster, à côté des plus grands poètes et savants anglais. « Et le respect de la tradition, si puissant en Angleterre, fit son œuvre »…

248 Philippe Soupault. 3 manuscrits autographes de nouvelles, [vers 1960 ?] ; 17 pages in-4° ou in-8°. Trois nouvelles inédites. « L’autre matin je me promenais »… (8 p. in-8° sur papier bleu) : découverte inattendue dans une rue sans âme, d’une fenêtre fleurie ; cette vue provoque une rêverie chez le promeneur émerveillé…
« Pour faire plaisir à une jeune femme de mes amies qui prétendait vouloir me demander conseil et sachant bien qu’elle ne le suivrait pas, je suis allé assister à une présentation de collection chez un couturier à la mode »… (3 p. in-4°). « Tandis que, penché sur ma table de travail, j’écrivais en tirant la langue selon mon habitude »…, l’irruption d’un moineau à sa fenêtre suscite une foule de questions inquiètes concernant le sort des oiseaux en hiver… (6 p. in-8°, inachevé).

249 Philippe Soupault. Cerf-Volant. Poème autographe, octobre 1968 ; 1 page in-8°. Belle pièce de trois quatrains, datée à la fin, et dédicacée en tête à Lydie Lachenal : « à ma chère et mon unique Lydie » ; publiée dans Poèmes retrouvés (1982).
« Je suis encore et toujours / après tant et tant d’années / cet enfant qui tire sur une ficelle / à la poursuite du vent »… Exposition Soupault BnF (1997) ; reprod. dans Portrait(s) de Philippe Soupault (p. 23).

250 Philippe Soupault. Sept Étoiles. Poème autographe, [1968] ; 1 page et quart in-4° à l’encre violette. Belle pièce de 32 vers, présentant quelques corrections, et recueillie dans Poèmes retrouvés (1982).
« Regarder cette étoile / à la fin du jour / Regarder cette étoile / au début de la nuit »…

251 Philippe Soupault. Weissberg. Manuscrit autographe, 1980 ; 3 pages et demie
in-fol., avec qqs corrections. Préface à la monographie bilingue illustrée, Weissberg, peintre (Lachenal & Ritter, 1980), consacrée au peintre Léon Weissberg (1893-1943), né en Galicie, déporté et mort assassiné au camp de Lublin-Maïdanek. « Découvrir l’œuvre d’un peintre encore injustement trop peu connu est une expérience passionnante »… Le manuscrit, au feutre violet, est daté au crayon : « Cannes Octobre 1980 », et dédicacé à Lydie Lachenal : « à Lydie (autrement dit Jules) son ami Philippe (dit Edmond) ».

252 Philippe Soupault. [Écrits sur la peinture]. Copies avec corrections et additions autographes, [1980] ; 15 pages formats divers. Textes revus pour le recueil Écrits sur la peinture (Lachenal & Ritter, 1980).
Robert Delaunay, article publié dans Les Nouvelles littéraires (3 juin 1976), à l’occasion de l’exposition Delaunay à l’Orangerie des Tuileries ; l’article découpé et collé sur de grandes pages reçoit des corrections autographes, et Soupault rédige une importante conclusion autographe : « Ceux qui l’ont connu savaient que leur ami était un solitaire »…
Salvador Dali, coupure de presse des Nouvelles littéraires (17 janvier 1980) avec corrections autographes, et photocopie avec addition de deux notes autographes : « On l’appelait “le tiroir-caisse” » ; et : « Déjà en 1933, Dali avait proclamé son admiration […] pour le monstrueux Adolf Hitler. Il avait, comme le boucher et tortionnaire Amin Dada (un autre sinistre exhibitionniste) déclaré que le sanglant Führer était son idole »…
Les Primitifs portugais, photocopie d’un article paru dans la Revue des Voyages (1959), avec titre et qqs corrections autographes. Wassily Kandinsky, 1975 ; photocopie du manuscrit, avec titre, date et qqs corrections autographes. Sergio Ceccotti, photocopie du texte paru dans Opus (automne 1980), avec titre et qqs corrections autographes.

253 Philippe Soupault. Brouillon autographe d’un manuscrit sur Rimbaud, [1981] ;
1 page et demie in-4° avec qqs ratures et corrections. Manuscrit de premier jet d’un texte qui paraîtra, remanié, dans l’ouvrage collectif Un sieur Rimbaud se disant négociant (Lachenal & Ritter, 1984, p. 92). « Charleville. La mère Rimb. Paris, la Commune. Forain. Retour à Charleville. Paris – Verlaine – Londres. Stuttgart Bruxelles – Amsterdam. Java. Chypre. Enfin le “négociant” Rimbaud franchit le canal de Suez et explore la mer Rouge. C’est sur ces rivages que j’ai cherché à suivre les itinéraires qu’avait suivis le “négociant”, itinéraires qu’il avait finalement préférés. Ce n’est pas ce qu’on s’obstine à nommer le secret des départs de Rimbaud et son “oubli” de la poésie qu’il fallait découvrir mais plus simplement pourquoi la mer Rouge et ses rivages fascinèrent le voyageur infatigable, jamais satisfait, toujours à la recherche de nouvelles lumières et de nouveaux mystères »…
On joint le tapuscrit d’un argument de ballet télévisuel, Les Sons et les Couleurs, avec addition autographe de 2 vers de Baudelaire et corrections autographes (1 p. et demie in-4°).

254 Philippe Soupault. Anniversaire. Poème autographe, 29 octobre 1981 ; 1 page in-8°.
Belle pièce dédiée à sa femme : « pour Ré », de 18 vers, et recueillie dans Poèmes retrouvés (1982).
« Je voudrais te donner / une couronne / constellée de toutes les étoiles / du firmament »…

255 Philippe Soupault. [Poèmes retrouvés]. 4 manuscrits autographes ; sur 4 p. in-4° ou in-8°.
Topo, texte en prose publié en fac-similé en préambule aux Poèmes retrouvés (1982). « Ph. S. n’est pas collectionneur. Il écrit des poèmes mais ne pense jamais à les conserver. Il les donne à des revues ou des amies et des amis. Il faut reconnaître que Ph. S. a la mémoire courte. Il est parfois surpris qu’on lui montre dans une revue un poème et qu’on lui affirme que c’est bien lui qui l’a écrit. D’ailleurs il est incapable de “juger” ses poèmes. Il est parfois étonné de leur existence. Il regrette souvent de les avoir écrits »…
Trois poèmes recueillis dans Poèmes retrouvés, 1982 :
Plus jamais, [1970 ?], 15 vers, avec une correction : « Je sais désormais que la vieillesse c’est déjà l’enfer »…
[Persévérer, 1975], 12 vers : « Au bout d’un long chemin »…
Automne, [1976], 5 vers : « Cette feuille qui tombe »…

256 Philippe Soupault. [Poèmes retrouvés]. 3 poèmes autographes, [1950 ?-1968] ;
sur 3 pages in-4° ou in-8° à l’encre violette (la dernière froissée avec déchirure réparée au dos).
Trois poèmes recueillis dans Poèmes retrouvés, 1982.
à l’abattoir, [daté au dos 1950], 4 cinquains, avec quelques corrections : « Adieu lézards adieu corbeaux »…
[Rien, 1967], 19 vers, avec quelques corrections : « Plus rien même pas de la cendre… »
Ode [Ode à l’amour, 1968], 15 vers : « Demain c’est peut-être la mort »…

257 Philippe Soupault. Manuscrit autographe, [vers 1982] ; 3 pages in-fol. avec qqs corrections. « Je suis né en 1897, trois ans donc avant le début du XXe siècle. Pendant ma longue vie j’ai assisté aux bouleversements de la vie des femmes et des hommes, mes contemporains »… Il nomme quelques-unes des inventions qui ont bouleversé le monde et l’humanité, depuis l’automobile jusqu’à la première marche sur la lune, en privilégiant les transformations de la vie urbaine. Il termine en constatant que la “loi de l’homme” est désormais discutée : « Il faut espérer que ce qu’Arthur Rimbaud prophétisait, deviendrait une réalité : “Quand sera brisé l’infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l’homme – jusqu’ici abominable – lui aura donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi !” »…
On joint deux autres manuscrits autographes : la fin d’un article sur la photographie (pages 18 à 21) ; et le brouillon d’un texte sur la publicité (1 p. in-4°).

258 Philippe Soupault. [Poésies pour mes amis les enfants]. 9 manuscrits autographes dont trois signés, [1976-1982] ; 10 pages formats divers. Bel ensemble de textes et sept poèmes du recueil Poésies pour mes amis les enfants (Lachenal & Ritter, 1983).
Page de titre autographe calligraphiée au feutre bleu, avec un petit dessin d’enfant collé.
Préface : « Six ans. Pas encore l’âge de raison »… Soupault évoque une distribution des prix présidée par son grand-père, où les écoliers chantaient une comptine… « C’est ce souvenir qui m’a incité à écrire quelques poèmes pour mes amies et mes amis des écoles, des lycées, des grandes écoles et des maisons de retraite ».
Pleine Lune, [1975], 8 vers, signé : « J’ai ouvert ma fenêtre »…
C’est demain Dimanche, [1976], 14 vers, signé : « Il faut apprendre à sourire »…
Emmanuèle m’a dit, [1976], 3 sizains : « Je n’aime pas tellement les souris »…
« La petite Emmanuèle »…, [1976], 2 quatrains.
« Véronique est malade »…, [1976], 14 vers, avec corrections.
« Qui frappe à la porte »…, [1981], 9 vers.
[Bastien enfile tes bottes], 1982, 16 vers, signé « Philippe » : « Bastien mon ami… »

259 Philippe soupault. [Mémoires de l’Oubli]. Tapuscrit original avec corrections autographes ; 253 pages petit in-4°, plus qqs feuillets intercalaires, sur papier perforé dans 2 classeurs à anneaux noirs. Plus 22 manuscrits autographes d’additifs ; 45 pages formats divers. Important dossier sur la genèse de ses Mémoires de l’Oubli, qui paraîtront en 3 tomes chez Lachenal & Ritter (1981, 1986 et 1997).
Premier état dactylographié. Cette version originale, dactylographiée par les soins de l’auteur, est corrigée et annotée de sa main, principalement au crayon (parfois repassé à l’encre par L. Lachenal). Elle fut terminée en 1978. Soupault commença à y apporter des ajouts et des révisions en 1979, réalisant sur ce document un premier découpage en chapitres. Il a également attaché au tapuscrit quelques billets à l’intention de son éditeur : « Faudra-t’il mettre en appendice mes articles d’U.R.S.S. et des U.S.A. de Vu »… « Peut-être articles de Vu sur le chômage en Allemagne »… Ces Mémoires, qui s’ouvrent par le souvenir de la mobilisation générale à Paris, le 2 août 1914, plongent rapidement le lecteur dans les milieux littéraires que Soupault devait fréquenter : Apollinaire au Café de Flore, première rencontre d’André Breton, etc. ; ils s’achèvent en 1933.
Additions à la copie des Mémoires. Ces développements sont de longueurs différentes, allant d’une
page pour apporter une précision, à plusieurs pages pour ajouter et raconter un nouvel épisode ou un portrait. Fragment d’une première ébauche de Mémoires : Soupault à biffé son serment initial de raconter toute la vérité ; il explique comment il fit la connaissance d’Apollinaire… Portrait d’Aragon après la démobilisation… Texte du poème dit par Apollinaire au banquet offert au Douanier Rousseau dans l’atelier de Picasso… Sur le contexte historique de Parade… Anecdotes sur André Breton, Pierre Janet, Paul Éluard, Jacques Baron, André Masson, les expériences de sommeil, etc. Texte de 8 pagesconsacré à Georges Ribemont-Dessaignes… Évocation de la forêt de Bussaco… Fragment d’un article sur le chômage en Allemagne avec avis à son éditeur : « Il faut ajouter une dizaine d’appendices »… Projet de texte pour la 4e de couverture… &c.
On joint un dossier de notes et manuscrits autographes à propos du manuscrit des Champs magnétiques, 1976-1985 (15 p., formats divers). Ce manuscrit original, écrit par André Breton et Philippe Soupault, réputé détruit, partiellement recopié par Breton, puis miraculeusement retrouvé complet en 1982, fut acquis par la Bibliothèque Nationale. Ces textes composeront l’« Histoire d’un manuscrit » et la Note rectificative publiés dans Mémoires de l’oubli (t. II, p. 13-14 et 177-189 ).

260 Philippe Soupault. 3 manuscrits autographes de sketches, [vers 1986-1987] ;
17 pages la plupart in-4°. Amusants sketches inédits, dont deux dédicacés : « à mon ami Ken Ritter qui a le sens de l’humour », et « Pour mon ami Ken en espérant le faire sourire et pour le distraire des maths. Philippe ».
La scène se passe dans un hôtel particulier du quai Malaquais : Charles Cavallier, maître du chien Bacchus, reçoit la visite du commissaire de police, qui lui apprend qu’il jouit d’une grande réputation d’honorabilité dans le voisinage (Mme Labeille, directrice de la célèbre imprimerie, l’approuve), mais que Bacchus a un comportement scandaleux dans le Jardin des Tuileries… – Avec un avis signé « Alain Ballochard » : « Toutes allusions à la vie d’une personnalité vivante sont incroyables ». Où Mme Labeille écoute les reproches de M. Ballochard, député de copropriétaires, se plaignant du chien Bacchus (crottes, aboiements), et recommandant M. Altscheler, vétérinaire et célèbre empoisonneur… – Les Mésaventures de Bacchus. Où Mme Labeille, fort enrhumée, voit se sauver de chez elle une vieille amie, un photographe de presse, une nièce, etc., tous incommodés par une odeur étrange. Arrive le préposé des Pompes funèbres, offrant ses services pour le cimetière des chiens…

261 Philippe Soupault. Dessins. Manuscrit autographe ; 1 page in-8° au feutre violet. Texte inédit pour un album de ses propres dessins automatiques. « Ayant été obligé de relire Les Champs magnétiques pour répondre aux questions de la traductrice de ce livre en langue allemande j’ai été sollicité comme autrefois de tracer des dessins “automatiques”. J’ai donc accepté de répondre à ce désir et j’ai commencé avec joie à dessiner. J’étais étonné de répondre à cette sollicitation »…Une vignette sur le titre et 40 doubles planches montées sur onglets, gravées d’après GIOTTO, SPINELLO, MEMMI, VENEZIANO, ORGAGNA, BUFFALMACCO, GOZZOLI…


Haut de page

Page suivante
Retour début catalogue

ACCUEIL CONTACT ARCHIVES LIENS